Le secteur bancaire russe compte d’autres maillons faibles
Et de deux… La banque centrale russe a annoncé ce jeudi son intention de sauver la banque B&N, l’une des cinq premières banques privée du pays, en affirmant le principe de sa nationalisation, comme elle l’a fait en août pour Otkritie, deuxième banque privée. Dans un communiqué, la Banque de Russie précise qu’elle va devenir l’investisseur de référence, avec le soutien financier du fonds pour la consolidation du secteur bancaire, qui vient d’être créé. Elle s’engage sur le maintien de l’activité de la banque : il n’y aura pas de moratoire, et il n’est pas question de «bail in» des créanciers.
La question posée désormais est celle du prochain établissement en défaut. Les deux qui ont chuté en l’espace d’un mois faisaient partie des quatre banques jugées en danger par l’analyste Sergueil Gavrilov, de la banque Alfa. C’est lui qui a déclenché la tempête moscovite, à la mi-août, quand sa note désignant quatre banques susceptibles d’avoir besoin du soutien de la banque centrale a «fuité» dans la presse. Il s’agissait des deux établissements désormais repris par la banque centrale, de Promsvyazbank ainsi que de Credit Bank of Moscow, qui vient d’être ajoutée par la banque centrale à la liste des onze banques russes jugées «systémiques».
Le président de Credit Bank, Vladimir Chubar a déclaré qu’il «n’était pas inquiet», tandis que la direction de Promsvyazbank a affirmé dans un communiqué que sa position financière était «stable et diversifiée». L’analyste est, lui, désormais interdit de parole.
«Je suis toujours non positif sur Credit Bank of Moscow et Promsvyazbank», affirme de son côté Yannick Naud, responsable des titres obligataires de la banque Audi à Genève, cité par Bloomberg. «Nous allons assister à une concentration du marché bancaire, mais elle bénéficiera aux plus gros intervenants.» Il a réduit fortement la part des banques russes dans son portefeuille obligataire cet été et ne détient aucun titre émis par Promsvyazbank ou Credit Bank of Moscow.
Le prix des obligations de la première banque, à échéance 2019, a touché un plus bas ce jeudi, leur rendement atteignant 6,65%, tandis que les titres émis en mars par la seconde affichent désormais un rendement de 9%.
Pour l’oligarque-banquier Alexandre Lebedev, propriétaire de la National Reserve Bank, «il n’y aura bientôt plus en Russie que quelques banques privées». Une fois la poussière retombée, l’Etat détiendra 80% du secteur bancaire, au lieu de 60% aujourd’hui, affirme-t-il.
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