Le secteur bancaire pâtit d’une remontée des inquiétudes sur la solidité de l’Irlande

La Banque centrale européenne va poursuivre le retrait des mesures non conventionnelles malgré la pression sur les périphériques
Antoine Duroyon

Allied Irish Banks (AIB) et Bank of Ireland (BoI) ont cédé près de 8% en Bourse jeudi. Le coût de leurs CDS, qui permettent de s’assurer contre un risque de défaut, s’est également renchéri. Selon CMA, les contrats sur la dette senior d’AIB atteignaient 1.150 points de base (pb) jeudi (contre 1.008 la veille), tandis que ceux de BoI s'établissaient à 816 pb (contre 741). Les établissements ont souffert des inquiétudes liées à la situation budgétaire du pays, renforcées par des déclarations allemandes sur la responsabilité des détenteurs privés de dette souveraine dans le cadre du futur mécanisme de sauvetage. L'écart de rendement entre l’emprunt d’Etat irlandais à dix ans et le Bund de référence a atteint 685 pb, alors que l’euro est tombé à un plus bas d’un mois à 1,3667 dollar.

«Ces inquiétudes semblent principalement dirigées vers l’Irlande et ses banques (...)», a estimé CreditSights. Le gouverneur de la banque centrale irlandaise, Patrick Honohan, a estimé mercredi à au moins 85 milliards d’euros le montant des pertes que pourraient subir les banques irlandaises et internationales dans le pays. Alors que les besoins en financement du pays sont assurés jusqu’au printemps, ceux de ses acteurs bancaires pourraient se révéler épineux à gérer en cas de crise de confiance. La BCE a prêté hier 12,6 milliards d’euros à six jours, alors que les établissements devaient rembourser 35,7 milliards d’euros de liquidités à six mois. Les banques irlandaises ont accru leur dépendance au financement de la BCE en septembre de 38%, portant leurs besoins d’emprunt à 83 milliards d’euros.

Malgré les tensions sur les périphériques, Jürgen Stark, membre du directoire de la BCE, a réaffirmé hier que la banque centrale poursuivrait son processus de retrait des mesures non conventionnelles. Quant au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, il a affirmé depuis Séoul que «tous les instruments essentiels [sont] en place dans l’Union européenne et dans la zone euro pour agir si nécessaire». Enfin, la chancelière allemande Angela Merkel a également tenu à calmer les tensions en assurant, depuis Séoul, que l’Union européenne était prête à répondre quel que soit le scénario de la crise financière que traverse actuellement l’Irlande.

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