Le secteur bancaire grec reste plombé par la dégradation de l’environnement macroéconomique
Guère reluisante au deuxième trimestre, la rentabilité des banques grecques est restée apathique au troisième. Le premier établissement domestique, National Bank of Greece (NBG), a ainsi dégagé un maigre bénéfice de 113 millions d’euros après 125 millions le trimestre précédent. Sur les neuf premiers mois de l’année, le résultat net ressort à 259 millions d’euros, en baisse de 74% par rapport à la période correspondante de 2009.
NBG n’a pu échapper à un relèvement conséquent de ses provisions pour créances douteuses. Elles ont progressé de 35% sur la période de janvier à septembre pour s'établir à 991 millions d’euros. L'établissement a par ailleurs essuyé une perte de trading de 338 millions d’euros sur son portefeuille obligataire souverain (contre un gain de 318 millions un an plus tôt) et subi une charge fiscale exceptionnelle de 93 millions d’euros. Si la banque affiche une perte de 181 millions d’euros en Grèce, elle a en revanche dégagé un profit de 369 millions d’euros (+4%) en Turquie via sa filiale Finansbank.
NBG s’est récemment tournée vers les marchés pour assurer son développement. La banque a mené à bien une augmentation de capital qui lui a permis de lever 1,8 milliard d’euros. Elle prévoit également de dégager 1 milliard d’euros supplémentaires grâce à la cession d’une part minoritaire du capital de Finansbank.
Une stratégie que suit également sa dauphine EFG Eurobank Ergasias, qui s’apprête à retenir un candidat final pour un investissement dans sa filiale polonaise Polbank. L'établissement athénien n’a en revanche pas prévu de projet d’augmentation de capital pour le moment. Au troisième trimestre, son résultat net s’est effondré de 91% à 10 millions d’euros, là encore sous le coup d’un gonflement des provisions. Vendredi, Piraeus Bank, numéro quatre local, avait dévoilé une trajectoire similaire.
Au cours d’une réunion hier entre la banque centrale et la fédération bancaire grecque, il a été décidé de l’attribution au secteur d’un nouvelle facilité de 25 milliards d’euros en garanties de l’Etat. Ce dernier se voyait accorder le même jour un délai supplémentaire de six ans pour rembourser le prêt consenti par l’Union européenne et le FMI. En contrepartie, Athènes devra payer un intérêt fixe plus élevé, celui-ci passant de 5,5% à environ 5,8%.
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