Le secteur bancaire espagnol se prépare à une nouvelle vague de fusions
Le rachat de Banco Pastor par Banco Popular n’est que le début d’une nouvelle vague de consolidation qui s’annonce dans le secteur bancaire espagnol. Dévoilée dans une interview au Financial Times, l’opinion d’Angel Ron, le PDG de Banco Popular, est partagée par une majorité d’experts financiers. La semaine dernière, David Cano, directeur associé de l’AFI (Analystes financiers internationaux) pronostiquait dans une étude publiée avec Francisco Lopez Berrocal de l’IE Business School que «le prochain mouvement de concentration du secteur portera le nombre de banques à cinq ou six entités».
Manuel Romera, directeur du secteur financier de l’IE Business School pense que le processus ne sera pas aussi drastique mais que «ce seront les banques les plus importantes qui résisteront mieux au processus de recapitalisation» auquel le secteur a récemment été soumis. L’Autorité bancaire européenne (EBA) a en effet estimé que cinq entités espagnoles avaient besoin de 26,16 milliards d’euros pour se recapitaliser: Santander (14,97 milliards d’euros), BBVA (7,08 milliards d’euros), Banco Popular (2,36 milliards), Bankia (1,14 milliard d’euros) et Caixabank (602 millions d’euros).
Enrique Perez-Hernandez, professeur d’économie à l’Institut d’études boursières de Madrid, explique que «le processus de fusion permet d’appliquer des plus-values visant à améliorer la capitalisation des banques». Selon lui, il est normal que le secteur se consolide pour assurer des économies d’échelle et réduire ses coûts. «La consolidation du secteur a commencé il y a déjà quelques années et elle s’est accélérée avec la concentration des caisses d’épargne qui ont été réduites au nombre de 15, dont 13 ont été transformées en banques», explique-t-il.
Selon les experts, la prochaine vague pourrait affecter en particulier les petites et moyennes entités, avec en première position la Caja del Mediterráneo saisie par le Frob. BBVA, Santander et Caixabank font partie des banques intéressées par un rachat. Des rumeurs courent également sur une possible intégration de Bankia par BBVA mais Enrique Perez Hernandez écarte ce scénario car Bankia, résultat de l’union entre sept caisses d’épargne, doit d’abord «digérer son propre processus de fusion». Selon l’économiste, on pourrait envisager «une fusion d’une banque espagnole avec un partenaire européen».
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