Le scandale du forex produit sa première salve de sanctions
Dévoilé peu à peu depuis le printemps 2013, le scandale de la manipulation du marché des changes a abouti mercredi à des amendes massives de part et d’autre de l’Atlantique. Comme attendu, la FCA britannique est passée à l’action en annonçant avoir infligé des pénalités de 1,11 milliard de livres à cinq des six banques dans son collimateur: Citi, UBS, HSBC, JPMorgan et RBS. Ce même groupe a aussi été sanctionné par la CFTC américaine à hauteur de 1,47 milliard de dollars, tandis que la Finma suisse a de son côté adressé une amende de 134 millions de francs suisses à UBS.
Quelques heures plus tard, l’OCC, l’une des autorités de tutelle du secteur bancaire américain, a à son tour condamné Bank of America, Citi et JPMorgan à verser une pénalité globale de 950 millions de dollars. Au total, JPMorgan est la plus sanctionnée (1,01 milliard de dollars) devant UBS (800 millions). La lourdeur de ces sanctions, qui équivalent à près de 3,5 milliards d’euros d’amende (plus que le Libor), traduit la gravité des faits reprochés aux banques. D’après des conversations tenues entre certains traders sur des messageries instantanées, les régulateurs ont mis en lumière de nombreuses pratiques visant à manipuler le marché, et notamment les fixings quotidiens WM/Reuters de 16h pour les devises du G10, qui servent de référence à de nombreux gérants d’actifs. Entre 2008 et 2013, les contrôles internes des banques n’ont pas détecté que ces traders, pour leur propre profit ou celui de leur établissement, partageaient des données confidentielles de leurs clients.
Selon la plupart des observateurs, l’impact pour le secteur bancaire de ce scandale ne devrait pas s’arrêter là, ne serait-ce que parce que «ces amendes ne prennent pas en compte directement les préjudices des clients», souligne le courtier Numis. Barclays, qui participait notamment aux négociations avec la FCA, a pour l’heure préféré attendre «afin de conclure un accord plus global» avec les régulateurs malgré le risque d’une majoration 30% de son amende. Deutsche Bank, numéro deux du secteur et qui n’a pour sa part fait l’objet d’aucune annonce, a provisionné 894 millions d’euros au troisième trimestre pour frais de litiges.
Le montant de plus de 5 milliards d’euros mis de côté ces dernières semaines au titre de litiges par les grands établissements cités pourrait néanmoins ne pas suffire. D’autres enquêtes sont menées par la Fed, le régulateur hongkongais et le ministère de la justice américain.
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