Le say on pay fait plier les assureurs britanniques
Après les banques, c’est au tour des assureurs britanniques d’affronter leurs actionnaires sur la question des rémunérations. Des actionnaires de RSA Group ont ainsi décidé de contester le rapport sur le sujet lors de l’assemblée générale prévue le 8 mai prochain. Selon les informations de Sky News, le comité des rémunérations a accordé au directeur général Stephen Hester un bonus en actions de long terme représentant trois fois son salaire de base de 950.000 livres.
La compagnie, qui plafonne généralement de tels bonus à 230% du salaire de base, avait déjà octroyé l’an passé une gratification similaire à Stephen Hester en soulignant son caractère exceptionnel. Le non-respect de cette promesse irriterait profondément certains actionnaires, croit savoir la chaîne britannique. «La performance de la société l’an dernier n’a pas été suffisamment forte pour justifier ce type de récompense additionnelle», soutient un grand investisseur. Dans son rapport annuel, RSA évoque pourtant la contribution majeure de Stephen Hester à la transformation de la société. La compagnie précise que les dirigeants sont tenus de conserver tous les titres obtenus par ce biais au moins deux ans après leur délivrance.
RSA n’est pas le seul assureur britannique concerné par cette fronde autour du say on pay. Le patron d’Aviva, Mark Wilson, va voir son bonus de long terme baisser sous la pression actionnariale. Le dirigeant a renoncé à la possibilité de percevoir 350% de son salaire de base, soit 3,4 millions de livres au maximum, «se contentant» de 300%. En 2014, sa rémunération fixe s'établissait à 980.000 livres. Le directeur financier d’Aviva, Tom Stoddard, recevra pour sa part une enveloppe correspondant à 225% de son salaire de base, contre 250% initialement prévu.
Les titres sont délivrés sur une période de trois ans en fonction de la réalisation de certains objectifs de performance. Selon la presse britannique, le cabinet de conseil en vote Institutional Shareholder Services (ISS) avait fait entendre sa voix en prévision de l’assemblée générale qui se tiendra le 29 avril. Le sujet des rémunérations est sensible chez Aviva puisqu’il avait conduit à la démission de l’ancien directeur général Andrew Moss au printemps 2012. 60% des actionnaires avaient désavoué publiquement le plan de rémunération. Un camouflet qu’Aviva ne veut pas subir à nouveau.
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