Le régulateur italien décrédibilise les liens familiaux au sein de Premafin
La perspective de la montée de Groupama au capital de Premafin et de sa filiale d’assurances Fondiaria-Sai serait un cas d’école: c’est de cette façon que la Consob, le régulateur italien, justifie sa décision d’obliger l’assureur français à lancer des OPA (offres publiques d’achat) sur les deux sociétés italiennes en cas de montée à leur capital.
La famille Ligresti contrôle actuellement 51,3% de Premafin. Après l’augmentation de capital prévue, elle en détiendra 34,2%, tandis que Groupama grimpera à 17,1%. S’appuyant sur des cas similaires, la commission rappelle qu’une offre obligatoire n’est envisagée que dans le cas d’une modification profonde de gouvernance, c’est-à-dire si «un nouvel actionnaire est capable de détenir une position prééminente constante, ou exerce de manière récurrente un droit de veto affectant les affaire courantes de la société».
Dans ses motifs, le régulateur s’attache donc à décrédibiliser les liens unissant les Ligresti. Ainsi, la Consob affirme qu’«aucun actionnaire n’exerce de jure un contrôle sur Premafin et aucun actionnaire unique ne l’exercera de facto après la transaction». Elle explique ainsi que quatre actionnaires exercent le contrôle et aucun n’est en mesure de le faire seul – le fait qu’il s’agisse de Salvatore Ligresti et de ses trois enfants ne serait pas une garantie...
Si la Consob admet l’existence d’une «obligation» dans le pacte daté du 11 novembre 2005 (qui expirera en juin), celle-ci «est davantage une consultation qu’un réel engagement de vote en assemblée: les parties en désaccord avec la majorité des parties du pacte sont libres d’exercer leur droit comme bon leur semble».
L’argument subsidiaire consiste à souligner le risque d’une action de concert avec Vincent Bolloré, monté à 5% dans Premafin fin septembre. La Consob rappelle la proximité historique de Groupama et de l’homme d’affaires.
L’assureur français va procéder «dans les jours qui viennent à l’analyse [des] motifs [de la Consob]». Toujours est-il que le groupe ne peut financer deux OPA – à moins d’utiliser les fruits d’une introduction en Bourse, mais dont l’éventualité était prévue après 2011. Ces perspectives peu réjouissantes ont en outre conduit Fitch à dégrader à négatives les perspectives de l’assureur. Cela «reflète la détérioration de la profitabilité et de la solvabilité du groupe, de même que son environnement financier et contentieux», estime l’agence de notation.
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