Le régulateur britannique s’attaque aux méthodes de vente des banques
A l’occasion d’un discours hier matin à Londres devant un parterre de banquiers, Martin Wheatley, managing director de la FSA, a prôné la nécessité d’un changement culturel en profondeur au sein des agences bancaires. Dans un constat désabusé, le régulateur a évoqué le temps lointain où les banques servaient leurs clients, par opposition à l’opinion désormais communément admise au sein de la finance que les clients sont «des gens à qui l’on vend des produits». Les objectifs de vente sont le prélude à des récompenses et des bonus substantiels au bénéfice des employés de banques.
La FSA a ainsi décidé de mettre un terme à cette culture de commissionnement à l’acte qui déclenche des comportements de vente abusifs. Le scandale des assurances emprunteurs (PPI), dont les coûts de remboursement continuent à peser sur le bilan des banques britanniques, a constitué le point de départ de cette réflexion que le régulateur entend partager avec la direction des banques. «Au bout du compte, les directeurs généraux sont responsables de la manière dont leurs salariés sont récompensés, si bien que nous attendons qu’ils manifestent un véritable intérêt pour réparer cela», a indiqué Martin Wheatley.
La balle est d’ailleurs dans le camp des établissements financiers: au cours des dix-huit prochains mois, à eux d’identifier les incitations financières conduisant à des méthodes de ventes abusives, et d’y mettre fin. Pour les aider, la FSA a publié hier un document identifiant les manquements de quelque 22 établissements financiers. Un constat à la clé: les incitations financières proposées menaient le plus souvent à des pratiques de ventes abusives. L’une des sociétés développe ainsi un système selon lequel les 21 premiers guichetiers à atteindre un objectif de vente pouvaient percevoir un super bonus de 10.000 livres.
La FSA a lancé une consultation courant jusqu’au 31 octobre prochain afin de recueillir commentaires et conseils sur les meilleurs moyens de remettre à plat le système de compensation des établissements financiers outre-Manche. Le régulateur n’a pas exclu à terme de recourir à une législation susceptible de punir de sanctions pénales les nouveaux égarements.
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