Le refinancement des banques irlandaises se complique
Si les dirigeants européens ont ramené vendredi un peu de calme autour de l’Irlande, les difficultés de ses banques ne faiblissent pas. Les établissements irlandais sont de plus en plus dépendants, pour leur financement, des autorités monétaires, comme l’ont illustré vendredi les résultats de Bank of Ireland.
Le premier prêteur du pays a surpris les observateurs en annonçant, entre fin juin et fin septembre, une hausse de son ratio de prêts sur dépôts de 145 % à 160 %, alors même qu’il réduit son bilan. Explication: dans les activités de marchés, «certains clients sensible à la notation» de leur contrepartie ont retiré leurs avoirs. La base de dépôts des particuliers, en revanche, est restée stable sur le trimestre. Au total, «même si la décollecte a cessé depuis fin septembre, il y a de quoi déstabiliser le marché, car la banque a dû perdre environ 10 milliards d’euros de dépôts depuis juin sur une base de 84 milliards d’euros à cette date pour 121 milliards de prêts», indiquent les analystes de CreditSights.
Pour combler la différence, Bank of Ireland doit donc gager des actifs auprès de la banque centrale. De 8 milliards d’euros à fin juin, le recours aux facilités de financement de la BCE a grimpé à 20 milliards environ à fin septembre, ont indiqué vendredi les dirigeants du groupe. Pour l’ensemble des prêteurs basés en Irlande, les fonds BCE représentaient 130 milliards d’euros à fin octobre, contre 121 milliards un mois plus tôt, soit une hausse de 7,3%.
La dégradation des perspectives sur l’Irlande et ses banques a aussi contraint cette semaine Dublin à prolonger jusqu’à fin juin 2011 son système de garantie sur la dette bancaire. Bruxelles a donné son feu vert le 11 novembre.
Ces difficultés d’accès au marché se traduisent aussi sur les marges. Entre la hausse du coût de la garantie gouvernementale, et celle de la ressource sur les marchés, Bank of Ireland s’attend à une baisse de 35 à 40% de son résultat cette année. Son CDS sur sa dette senior approche les 800 points de base, ceux d’Anglo Irish et Allied Irish dépassent les 1.100 points. La restructuration –quasiment forcée– de la dette subordonnée d’Anglo Irish a également entraîné ces quinze derniers jours une envolée des CDS de ses compatriotes pour ce type de titres.
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