Le redressement de Citigroup ne convainc pas le marché
Si Vikram Pandit peut se réjouir du premier exercice bénéficiaire depuis son arrivée à la tête de Citigroup fin 2007, les investisseurs ne sont pas du même avis: le titre de la banque américaine a été fortement attaqué en Bourse.
L’établissement a réalisé un confortable bénéfice de 10,6 milliards de dollars en 2010 (35 cents par action), contre une perte de 1,6 milliard en 2009. Au quatrième trimestre, le résultat net atteint 1,3 milliard, à comparer avec un déficit abyssal de 7,6 milliards un an plus tôt. Mais il recule de 40% par rapport au trimestre précédent. Le rebond est donc indéniable, mais à relativiser. Ce d’autant plus que le bénéfice est inférieur au consensus Reuters/IBES, qui anticipait 40 cents par action pour l’ensemble de l’exercice et huit cents pour les trois derniers mois.
Autre élément minimisant le redressement de Citigroup, une partie des bénéfices du quatrième trimestre est surtout liée à une réduction de 2,3 milliards de dollars des provisions pour pertes de crédit – dont 1,3 milliard dans l’activité de cartes de crédit. Le même phénomène a été observé chez JPMorgan, qui a publié ses comptes vendredi. Par ailleurs, la revalorisation de sa propre dette a eu un effet comptable négatif de 1,1 milliard de dollars sur le résultat avant impôt.
Mais, contrairement à son concurrent, Citigroup montre davantage de signes de faiblesse dans ses activités. Ses revenus ont reculé de 5,1% en 2010, à 86,6 milliards de dollars, notamment en raison des activités de marché.
Ainsi, ses revenus dans le trading obligataire ont chuté de 58% entre le troisième et le quatrième trimestres, alors que JPMorgan a limité la baisse de cette activité à 8%. «Il s’agit de l’un des trimestres les plus faibles dans le trading», a admis le directeur financier John Gerspach, reconnaissant également que Citigroup a souffert dans les autres activités de banque d’investissement comme le conseil en fusions-acquistions.
En outre, d’autres éléments ne sont pas rassurants: empêtré dans la crise des subprimes, qui avait justifié l’injection de 45 milliards de dollars d’argent public, Citigroup ne semble pas en avoir terminé avec ses mauvaises habitudes. Selon l’agence Bloomberg, qui cite un compte-rendu de l’institution de refinancement hypothécaire Freddie Mac, la banque aurait continué à accorder des crédits dans des conditions inappropriées jusqu’au premier semestre 2010.
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