Le projet de réforme des structures bancaires alarme les banques françaises
Les banques françaises redoutent que les ministres des Finances européens adoptent prochainement une réforme des structures bancaires qui menace leur modèle de banque universelle au profit des établissements de la City.
La réforme des structures bancaires, mise sur la table en 2014 par l’ancien commissaire européen aux Services financiers, Michel Barnier, veut renforcer la solidité du système bancaire en interdisant aux grands établissements de réaliser du trading pour compte propre et en prévoyant la filialisation de certaines activités. Alors que les parlementaires européens ont rejeté en mai le compromis proposé par leur rapporteur, la Fédération bancaire française (FBF) s’inquiète des propositions faites par la présidence lettonne du Conseil qui devraient être examinées aujourd’hui par les ministres des Finances réunis pour l’Ecofin.
Comme l’avait proposé Michel Barnier, celles-ci permettraient aux banques britanniques d’échapper à une réforme, au motif qu’elles sont soumises à la loi bancaire britannique (inspirée par John Vickers). Cependant le Conseil pourrait élargir l’exemption aux banques qui ont moins de 35 milliards d’euros de dépôts de particuliers ou dont les dépôts «retail» représentent moins de 3% du total du bilan. «Cette dernière évolution (…) est un véritable scandale», réagit Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la FBF pour qui seules les banques françaises et «deux ou trois» autres banques continentales seraient touchées.
Et de rappeler que les banques hexagonales sont déjà en train d’être soumises à une réforme de leur structure. «A partir du moment où on a considéré que le système Vickers pouvait donner droit à une dérogation, pourquoi ne pas donner aussi une dérogation au système qui part d’une approche inverse qui consiste à séparer les activités les plus spéculatives du reste de la banque ? C’est l’approche qui a été mise en œuvre aux Etats-Unis avec la règle Volcker et en France».
«Pour la Place, si on a à la fois la TTF [taxe sur les transactions financières] et le projet BSR [de réforme de structure] tel qu’il est, je pense que c’est la catastrophe totale», ajoute Marie-Anne Barbat-Layani. Celle-ci peut compter sur le soutien des entreprises.
Le projet européen «contraindra les grandes entreprises à rechercher ailleurs les financements nécessaires tandis que les PME et les ETI verront leurs coûts de financement augmenter», a mis en garde le Medef hier.
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