Le potentiel boursier des banques françaises est déjà bien entamé
Depuis le début du mois de septembre, les valeurs bancaires européennes –qui observaient une pause en Bourse à la fin du mois d’août– ont repris le chemin de la hausse entamée fin juillet. En France, cette tendance prend même l’allure d’envolée.
Les établissements de l’Hexagone sont revenus en odeur de sainteté aux yeux des investisseurs, qui justifiaient leur méfiance passée par les expositions à la dette souveraine et aux économies des pays du sud de la zone euro (Grèce et Italie essentiellement). «Il s’est produit un phénomène de rattrapage dû à l’élimination d’une grande partie du risque en zone euro», explique un analyste.
Incontestablement, les marchés sont soulagés de voir Crédit Agricole SA (CASA) se sortir de l’imbroglio grec depuis qu’il a entamé des discussions pour céder sa filiale Emporiki. Son titre a pris 28% (à 5,94 euros) depuis son cours de clôture au 31 août. «La vente d’Emporiki devrait complètement changer la donne. […] Notre analyse de l’environnement bancaire grec nous laisse penser que le cours de CASA ne reflète toujours pas la création de valeur d’un accord sur Emporiki», indique Thibault Nardin, de Morgan Stanley.
Par ailleurs, le risque italien était menaçant pour CASA et BNP Paribas (+15,7% à 39,99 euros sur septembre). Or, «l’action de la BCE, maintenant soutenue par la réaction positive de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, donne une meilleure visibilité sur l’Italie», écrit Cyril Meilland, analyste chez Cheuvreux, filiale de CASA. Cela dit, les analystes ne s’attendent pas à une progression linéaire des banques françaises. «Les investisseurs vont revenir aux fondamentaux, souligne un analyste. Concernant CASA, le marché attend des réponses sur le capital réglementaire du groupe sous Bâle 3. Les incertitudes de la Société Générale [+17,6% à 24,75 euros] concernent sa filiale russe, qui n’est toujours pas rentable, et l’effet des cessions sur ses comptes.»
Même prudence chez UBS, pour qui la structure de financement des banques fait toujours débat. «Le débat sur l’euro demeure un facteur déterminant à court terme. A moyen terme, leur performance relative sera fonction de ce qu’il leur coûtera d’afficher une solvabilité, un financement et des ratios de liquidité parmi les références du marché», estime Nick Davey. Ainsi la Société Générale est-elle conseillée à la vente, avec un objectif de cours de 20 euros, tandis que le courtier est neutre pour BNP Paribas (à 40 euros).
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