Le porte-monnaie électronique Moneo ferme boutique
Moneo n’aura pas été le moyen de paiement électronique du siècle. Lancé fin 1999 en France par dix banques, ce système de paiement par carte destiné à remplacer les espèces pour les petits montants arrêtera son activité en juin, faute d’avoir trouvé son public, utilisé seulement par quelques milliers de personnes et peu déployé chez les commerçants.
La solution avait connu un succès sur le marché spécifique des cartes d’étudiants, investi à partir de 2005, avec 1,5 million de cartes distribuées auprès d’une majorité de Crous (centre régional des œuvres universitaires). Mais en juillet 2014, Moneo a été supplanté par BPCE sur ce marché lors du dernier appel d’offres des Crous. En 2016, leur monétique aura entièrement basculé sur le porte-monnaie électronique Izly de BPCE, qui s’appuie sur la plate-forme S-Money.
Racheté en mai 2011 par le fonds d’investissement Blackfin, le pôle monétique devenu Moneo Applicam s’est tourné en 2014 vers le marché du titre-restaurant dématérialisé, le seul sur lequel il va poursuivre son activité, visant 10% de ce nouveau marché à horizon 2017. Moneo Resto compte 45.000 porteurs aujourd’hui.
Egalement lancé à la fin des années 1990, mais pour les paiements sur Internet et non chez les commerçant physiques, Paypal est le seul système de paiement électronique ayant décollé en France en termes de volumes. La société, valorisée à 36 milliards de dollars et qui devrait être bientôt introduite en bourse par eBay qui l’avait achetée en 2002, revendique 6 millions d’utilisateurs actifs en France, et 150 millions à travers le monde.
Face à Paypal, l’espoir pourrait venir en France de Paylib, jeune initiative «interbancaire» lancée par BNP Paribas, Société Générale et La Banque Postale en septembre 2013, rejoints par le Crédit Mutuel Arkea en juillet dernier.
Moneo n’est pas le premier porte-monnaie électronique à s’arrêter en France. Kwixo, lancé en 2011 par le Crédit Agricole via sa filiale Fia-Net, s’est arrêté en 2014, tout comme Buyster. D’autres initiatives privées émergent. Le Crédit Mutuel a lancé Fivory en mai 2014. Oney Banque Accord (groupe Auchan) devait lancer dans 120 hypermarchés son wallet mobile, Flash’N Pay, d’ici fin juin.
«Créer un nouveau mode de paiement et un réseau d’acceptation est quelque chose de titanesque. Il faut de la volonté, du temps, et des moyens considérables», estime Angelo Caci, consultant indépendant spécialiste des paiements.
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