Le patron de Barclays tenté par une réduction d’effectifs draconienne
Attelé à réformer Barclays, banque secouée par les scandales et dont il a pris la direction générale l’été dernier, Antony Jenkins a préparé le terrain à une baisse plus draconienne que prévu des effectifs. Au cours d’une rencontre avec les investisseurs –dont une partie du contenu a été rapportée par le site internet du Financial Times– il a signifié à son auditoire que la réalisation du plan d’économies pour 2015, sa priorité absolue, passerait par des suppressions de postes massives.
«Désormais, le seul avantage concurrentiel d’une banque sera la faiblesse de ses coûts. La seule question est: comment réussir à transformer Barclays en une banque fonctionnant avec un effectif de 100.000 salariés au lieu de 140.000?» aurait-il déclaré. Au 31 décembre 2012, la banque employait 139.200 salariés.
Antony Jenkins est donc allé beaucoup plus loin qu’au moment de la présentation des comptes 2012 de Barclays, en février dernier, au cours de laquelle il avait annoncé la suppression de 3.700 emplois en 2013, concentrée dans ses activités de banque de détail en Europe continentale et de banque d’investissement. Un tel chiffre avait paru relativement modeste au regard de l’ampleur des économies planifiées d’ici à 2015 (1,7 milliard de livres sterling, soit deux milliards d’euros).
Cela dit, le chiffre de 40.000 –soit 28,6% des effectifs en 2012– ressemble davantage à une aspiration et une réflexion sur le modèle économique pour la décennie en cours, qu’à un objectif ferme et précis, ont indiqué plusieurs proches du dirigeant au Financial Times. Mais ses déclarations ne manqueront pas d’alimenter les craintes de nouvelles annonces de suppressions de postes dans les mois à venir.
Les informations publiées dans son rapport annuel 2012, mis en ligne vendredi, devraient pousser la direction à poursuivre ses efforts de rationalisation pour éviter le discrédit. L’année dernière, 428 collaborateurs ont encore perçu plus d’un million de livres (contre 473 de 2011), alors que la réputation de la marque a été souillée par de nombreux scandales.
Et tous les nuages n’ont pas été dissipés: après avoir payé son écot pour son implication dans la manipulation du Libor, la banque est toujours sous la menace de condamnations dans le scandale de la vente abusive de contrats d’assurance emprunteurs et fait l’objet d’une enquête sur les conditions dans lesquelles le fonds souverain du Qatar est entré à son capital en 2008.
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