Le Parlement adopte définitivement une loi bancaire adoucie
Le projet de loi sur la
séparation et la régulation des activités bancaire a définitivement été adopté
par le Sénat, jeudi 18 juillet, dans le sillage de l’Assemblée nationale la veille. Ce
texte, très adouci par rapport aux intentions de départ, prévoit notamment le
transfert d’ici 2015 des opérations spéculatives menées par la banque pour son
propre compte dans une filiale autonome, l’obligation de publier leurs
activités dans les paradis fiscaux ou encore le
plafonnement de certains frais bancaires liés aux découverts pour tous
les consommateurs.
Cette loi, promise par François Hollande durant sa campagne, doit permettre de sanctuariser
les dépôts des épargnants. Elle n’est, aux yeux de Karine Berger, députée PS et
rapporteur de la loi, qu’un premier pas. Il faudra ajouter « d’autres étages à la tour de Babel de la
régulation financière», a-t-elle admis. Il est vrai que toutes les activités susceptibles
d’être séparées ne le seront pas toujours. Le texte prévoit que les activités
considérées utiles au financement de l’économie et plus précisément aux
entreprises resteront rattachées à la maison-mère. Sont concernées, par exemple, les activités liées à la
fourniture de services d’investissement à la clientèle ou encore les activités
liées à la couverture des risques. Mais les professionnels savent que la frontière entre les activités liées au financement de l'économie et les opérations purement spéculatives est difficile à établir.
En revanche, le texte
de loi vient renforcer substantiellement les pouvoirs de contrôle et
d’intervention de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP). Elle sera dotée d’un nouveau collège et deviendra
l’autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). En cas de
défaillance d’un établissement, elle pourra changer ses dirigeants,
imposer de céder des actifs, scinder ses
activités ou encore obliger certains créanciers et actionnaires à apporter leur
contribution.
En outre, les établissements bancaires auront obligation de publier, pays par
pays, le nom et la nature de leurs activités, leur produit net bancaire, leurs
effectifs, leur bénéfice ou perte avant impôt, le montant total de leurs impôts
redevables, les subventions publiques reçues. Une sanction est prévue pour les
contrevenants. Enfin les titulaires de compte
verront certains frais bancaires plafonnés. Ce plafond sera baissé pour les
clients les plus fragiles qui bénéficient d’un droit au compte à la Banque de France.
D’ici au 30 juin 2014, le
gouvernement remettra au Parlement un rapport détaillant l’impact de cette loi
sur la compétitivité du secteur bancaire français par rapport aux
établissements de crédit américains et européens.
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