Le paiement biométrique fait tomber les réticences
Alors que plusieurs tentatives de paiement sans contact et de portefeuilles électroniques connaissent des déconvenues, la solution a priori la plus improbable semble émerger. Natural Security, société fondée en 2008 par Banque Accord, BNP Paribas, le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel Arkéa, Auchan, Leroy Merlin et Ingenico, a révélé hier le résultat de son expérimentation de paiement biométrique auprès de plus de 900 personnes et commerçants.
Deux techniques ont été testées pendant six mois dans 170 points d’acceptation (commerces et enseignes), en partenariat avec Mastercard et le GIE Cartes Bancaires: le réseau veineux du doigt à Villeneuve d’Ascq et l’empreinte digitale à Angoulême.
L’outil se présente sous forme de carte bancaire et d’un étui, dans lesquels sont installées les données biométriques de l’utilisateur et l’algorithme de comparaison. Le commerçant se voit, lui, équipé d’un lecteur digital spécial. La comparaison entre l’empreinte enregistrée dans la carte et celle déposée sur le lecteur est assurée sans contact. Afin de remporter l’adhésion des utilisateurs, aucun fichier central n’a été constitué pour les éléments biométriques, qui ne sont enregistrés que dans le dispositif.
Les résultats sont prometteurs selon Natural Security et ses actionnaires: 96% des utilisateurs se déclarent prêts à adopter le paiement biométrique s’il était disponible dans tous les commerces qu’ils fréquentent et une fois les incidents techniques réglés. Signe supplémentaire que l’expérience a de l’avenir, selon ses concepteurs, «nos utilisateurs n’ont pas de profil de «geek": 41% sont âgés de 35 à 50 ans, 53% sont des femmes », souligne André Delaforge, responsable du marketing de Natural Security.
Ces résultats sont observés avec intérêt par les banques, qui entendent bien étendre l’outil à d’autres usages bancaires, comme le portefeuille électronique, la banque en ligne et le paiement sur internet. «Nous cherchons à associer cette technologie aux accès de banque à distance, d’abord à destination des directeurs financiers et des trésoriers d’entreprises, qui doivent réaliser des opérations sensibles. Nous espérons être en mesure de lancer les premières expériences pilotes chez certains clients fin 2013, début 2014», explique à L’Agefi Serge Appriou, responsable de l’e-commerce et des innovations chez CM Arkéa, qui considère que l’empreinte digitale est «la technique la mieux maîtrisée».
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