Le nouveau patron de CNP Assurances doit relever de nombreux défis
Le conseil d’administration de CNP Assurances a tranché. Il a nommé Frédéric Lavenir au poste de directeur général, au nez et à la barbe d’Antoine Lissowski (directeur financier de l’assureur) et d’Augustin de Romanet (ancien patron de la Caisse des dépôts). Alors que Frédéric Lavenir débutera ses fonctions le 26 septembre, nombreux sont les défis qui l’attendent. Il ne pourrait pas faire l’économie d’un changement de stratégie. «Sur la quasi-totalité de ses marchés historiques, CNP Assurances est confronté à une érosion de sa rentabilité et à une croissance en berne», souligne un consultant.
Comme l’ensemble des assureurs, le groupe foit faire face au contexte de taux d’intérêt durablement bas, qui nuit à l’assurance vie. Les revenus ont ainsi reculé de 15% en épargne et de 30% en retraite au premier semestre 2012. Mais il en est particulièrement dépendant: ces deux activités cumulées représentaient en effet plus de 77% de son chiffre d’affaires au premier semestre.
Le modèle économique actuel de la CNP repose en outre sur des accords de distribution avec deux de ses actionnaires: la Banque Postale et BPCE, qui détiennent 35,5% du capital à travers le holding Sopassure. Mais ce qui a pu être une rente de situation sécurisante peut se transformer en prison: «La Banque Postale et la Caisse d’Epargne doivent aujourd’hui sortir du résultat et ils reportent cette pression sur CNP Assurances», explique le consultant. Cette pression sur les marges s’est fait sentir au premier semestre: le résultat net courant (qui ne prend pas en compte les plus ou moins-values financières) a reculé de 6,6%.
Globalement, la prévoyance et la santé demeurent des motifs de satisfaction pour le groupe. «Ces deux activités continuent à se développer et jouent pleinement leur rôle de relais de croissance», explique un analyste. Ce dernier ajoute toutefois que CNP Assurances devra probablement «réajuster» ses partenariats avec de nombreuses mutuelles. En effet, le secteur de la santé notamment est en pleine concentration. «Les partenaires de CNP Assurances doivent réagir et placent le groupe en situation de concurrence», explique le consultant.
Le groupe devra également passer en revue son activité internationale: ses filiales au Brésil et en Argentine affichent des croissances satisfaisantes, mais, souligne l’analyste, l’Italie demeure un sujet d’inquiétude, avec une activité toujours en forte baisse.
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