Le marché des obligations catastrophes reprend goût aux émissions en euros
Un vent de renouveau souffle sur le segment des obligations catastrophes en euros. Axa a annoncé hier l’émission de 275 millions d’euros de cat bonds d’échéance janvier 2014, qui lui permettront de se protéger contre le risque de tempête dans neuf pays européens, dont la France. Il s’agit de la plus grosse émission en euros de l’histoire sur ce marché. Placée à un spread de 350 points de base (pour un coût de 3,7% pour l'émetteur), elle devait initialement n’atteindre que 150 millions d’euros.
La transaction a été structurée par Swiss Re à travers le véhicule irlandais Calypso Capital, et placée par Deutsche Bank et Natixis. Elle inaugure un programme qui pourra atteindre au total 1,5 milliard d’euros pour le compte d’Axa. L’assureur fait un retour en force sur le compartiment de la titrisation de risques d’assurance (insurance-linked securities ou ILS), après avoir émis une obligation mortalité en 2006, arrivée à échéance cette année, et une petite obligation catastrophe en 2005.
«Le marché des cat bonds est devenu compétitif en termes de prix vis-à-vis de la réassurance, et nous estimons qu’il va monter régulièrement en puissance dans les années à venir. Mais il répond d’abord à un souci de diversification, et complète la réassurance traditionnelle», souligne Franz Lathuillerie, responsable du financement et du transfert de risque assurance au sein du GIE Axa.
Ce succès illustre l’appétit des investisseurs pour des titres les exposant à du risque d’assurance européen. «On observe une forte demande pour le risque tempête en Europe, en raison d’un effet rareté de ces opérations depuis début 2009», indique Sidney Rostan, de l'équipe Insurance Solutions de Natixis. «Les investisseurs spécialisés dans les ILS ont aujourd’hui beaucoup de risque tempête américain dans leur portefeuille, et apprécient de pouvoir se diversifier», confirme Franz Lathuillerie. En septembre déjà, Groupama avait placé 100 millions d’euros de cat bonds. Avec une marge finale de 350 pb au-dessus de l’Euribor, bien inférieure à la fourchette initiale (de 375 à 405 pb).
Depuis le début de l’année, 16 ILS ont été placés, pour l’équivalent de 3,3 milliards de dollars, selon la base de données bermudienne Artemis. «Nous attendons en 2010 des volumes supérieurs à 4 milliards de dollars, contre 3,5 milliards en 2009», indique Jean-Louis Monnier, responsable ILS Europe chez Swiss Re.
Plus d'articles du même thème
-
L’immobilier d’entreprise laisse entrevoir une légère embellie
Le marché locatif des bureaux en Ile-de-France a ramené sa baisse sur un an de 15% à 5% entre fin mars et fin juin, toujours freiné par le contexte économique. Les investissements s’améliorent légèrement, mais surtout avec le soutien d’un méga-deal dans le secteur logistique. -
Caceis s'installe à Stockholm pour cibler les pays nordiques
Caceis mise sur la Scandinavie pour étendre son influence en Europe du Nord. -
Une hirondelle ne fait pas le printemps du comportement de paiement
Le retard moyen a fondu au deuxième trimestre, mais les mauvais payeurs font encore des ravages, selon Ellisphere.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Les actions coréennes approchent du bear market
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Terra incognitaAllemagne : le gouvernement Merz creuse la dette et ruse pour boucler son budget 2027
Le ministère des Finances propose de puiser dans un fonds de réserve et de rediriger une partie des recettes de la taxe carbone, au grand dam des écologistes -
Paiements numériquesLe paiement par agent IA : la révolution au bout des doigts
Les systèmes d'intelligence artificielle ne se contentent plus d'assister les utilisateurs, ils commencent à agir pour leur compte. La question n'est donc plus celle de la performance mais celle des conditions dans lesquelles individus, entreprises et institutions acceptent de déléguer des décisions et, demain, des transactions. -
NumériqueEntreprise américaine, infrastructure européenne : le nouveau défi de la souveraineté des paiements
Christine Lagarde, présidente de la BCE, souligne « l’importance d’avoir les paiements numériques sous notre contrôle »