Le marché bancaire britannique s’enrichit d’un nouvel acteur de taille
Conformément aux objectifs de la Commission bancaire indépendante (ICB), le Royaume-Uni va connaître un surcroît de concurrence dans la banque de détail. Après plusieurs mois de tergiversations, Lloyds Banking Group, détenu à 40% par l’Etat, a annoncé hier la vente de 632 agences au groupe Co-op, opération baptisée «Project Verde», dans une transaction équivalente à 750 millions de livres.
Le groupe coopératif, qui est également actif dans la distribution alimentaire ou encore les agences de voyages, devrait gagner 4,8 millions de clients dans la banque ‑il n’en comptait que 3,1 millions jusqu'à présent‑ et détenir quelque 7% du marché des comptes courants, comparé à 2% aujourd’hui. Son réseau couvrira près de 1.000 agences, soit environ 10% de la banque de détail au Royaume-Uni.
Cette opération, obligatoire dans le cadre des aides d’Etat reçues par Lloyds en 2008, se fera en deux temps: l’acquéreur versera d’abord 350 millions de livres, soit 446 millions d’euros, puis jusqu’à 400 millions de livres supplémentaires, soumis à des conditions de performances, au cours des quinze prochaines années. Loin d’atteindre les 1,5 milliard évoqués un temps par les analystes, le montant de la transaction s’explique par la réduction du nombre des actifs cédés. En juin 2011, Lloyds Banking Group avait évoqué le transfert de 68 milliards de livres de prêts et de 32 milliards de dépôts. Au bout du compte, 24 milliards d’actifs tomberont dans l’escarcelle du groupe Co-op avec un adossement équivalent en passif.
Selon les analystes, le redimensionnement aura des conséquences moindres sur les recettes et profits imposables de Lloyds. «La transaction de départ anticipait un impact proche des 1,2 milliard de livres sur les recettes, estime Ian Gordon, analyste auprès d’Investec. Nous estimons que l’impact devrait se situer aux alentours de 500 millions de livres.» Le transfert s’accompagnera au préalable d’une injection de capitaux à hauteur de 1,2 à 1,5 milliard de livres de la part de LBG. Ce dernier s’en tire donc avec une perte, estimée entre 450 et 1.150 millions par Credit Suisse en fonction de la soulte finale.
Paul Pester, qui est actuellement directeur général du Project Verde, prendra la responsabilité des activités bancaires de Co-op. Il devra néanmoins attendre que la transaction reçoive l’aval du régulateur britannique, du gouvernement et de la Commission européenne. La finalisation est attendue d’ici à fin novembre 2013.
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