Le marché asiatique de l’assurance ne compte pas que des eldorados
L’Asie apparaît comme un eldorado aux yeux des assureurs internationaux, sur fond de taux de croissance mirobolants soutenus par des taux de pénétration faibles ou des fondamentaux démographiques porteurs. Le potentiel est bien là. Pour autant, le marché asiatique de l’assurance n’est pas uniforme et nécessite une approche pays par pays. Surtout, la Grande Muraille est bien loin d'être le seul horizon que doivent avoir les assureurs internationaux qui songent à conquérir le marché asiatique.
Mieux encore, la Chine, au même titre que l’Inde d’ailleurs, l’autre marché sous le feu de nos projecteurs occidentaux, se révéleront bien souvent des désillusions du fait de fortes contraintes locales. C’est le sentiment du cabinet Mazars. Si Gilles Magnan, associé du cabinet d’audit et de conseil en charge de la filière internationale assurance, regrette le «verrouillage» de ces marchés, il n’en remet pas en cause leur fort potentiel. Mais le risque encouru lui semble plus élevé que dans d’autres pays, comme l’Indonésie. Les mastodontes mondiaux du secteur ne pourront ignorer la Chine et l’Inde, mais pour des acteurs d’envergure plus modeste, l’avenir se joue sans doute ailleurs.
L’ouverture à la concurrence internationale représente ainsi la contrainte cruciale, qui peut passer par une limitation de la détention des sociétés d’assurance ou par le calvaire de l’obtention de licences. Mais d’autres barrières peuvent se dresser, notamment le risque politique ou la présence de champions nationaux qui constituent une concurrence bien établie n’abandonnant aux étrangers qu’une part de 5% du marché.
La sophistication technique des produits n’est dans c
e contexte pas a priori un atout, comme le souligne Julien Parasie, senior manager chez Mazars, responsable des activités assurance pour l’Asie-Pacifique. L’essentiel est de bien intégrer les spécificités locales des besoins. A ce titre, outre la micro-assurance très en vogue et désormais proposée indépendamment du micro-crédit, l’assurance islamique, ou takaful, se présente comme «un axe de développement incontournable sur ces pays» aux yeux de Julien Parasie. En Malaisie (premier marché asiatique devant l’Indonésie et deuxième mondial derrière l’Arabie saoudite), des acteurs internationaux tels Aviva, HSBC ou ING ont récemment obtenu une licence pour ce marché de près d’un milliard d’euros localement, en croissance de 10% l’an passé.
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