Le Japon espère enfin susciter l’intérêt des investisseurs

La banque centrale a relevé de 1,2 point sa prévision de croissance pour l’année budgétaire en cours et de 0,2 point sa prévision d’inflation
Patrick Aussannaire

Si le maintien de la politique monétaire de taux zéro de la banque du Japon (BoJ) était largement attendu, le relèvement très significatif de ses prévisions de croissance pour l’année fiscale allant d’avril 2010 à mars 2011 l'était nettement moins. En effet, soutenue par la forte demande étrangère, et par une consommation des ménages japonais meilleure que prévue du fait des dispositifs de subvention à l’achat d’automobiles et de divers équipements électroménagers, la banque centrale table sur une croissance de 3,3%, soit 1,2 point de plus qu’en octobre dernier. Cette estimation est en ligne avec celle faite par le gouvernement qui prévoit une croissance réelle de 3,1% pour l’année budgétaire en cours.

Dans le même temps, la banque a décidé de maintenir son programme d’assouplissement monétaire comprenant le rachat de 5.000 milliards de yens (45 milliards d’euros) d’actifs et d’un taux de référence extrêmement accommodant compris entre 0% et 0,1% afin de lutter contre la déflation qui gangrène l’économie japonaise depuis plus de 20 ans et freiner la hausse du yen.

Cette révision coïncide avec une embellie du marché japonais. En effet, si traditionnellement le marché actions japonais est l’un des plus délaissé du monde développé par les investisseurs, il s’est montré ces deux derniers mois sous un jour nouveau affichant une performance de près de 17%, une des meilleures au monde, en dépit d’un yen qui est resté fort contre dollar et euro. La BoJ adopte en la matière une stratégie plus agressive, privilégiant dans son programme les obligations indexées sur l’immobilier (J-Reits) au lieu des traditionnelles obligations d’Etat (JGB), peu attractives.

Par ailleurs, le contexte inflationniste pourrait profiter au Japon. La BoJ s’est montrée optimiste sur l’évolution des prix, avec un taux d’inflation à présent estimé à 0,3% en 2011-2012, contre 0,1% prévu en octobre. «Avec le durcissement des politiques monétaires et fiscales sur le territoire asiatique, nombre d’investisseurs étrangers sont en phase de rééquilibrage de leur portefeuille et pourrait se tourner vers le marché japonais, traditionnellement sous-pondéré » indique la société de gestion GaveKal. Et d’ajouter que «la faible hausse des salaires au Japon d’une part et la hausse des coûts (salaires et prix) dans le reste de l’Asie pourrait attirer de nouvelles commandes pour l’industrie japonaise».

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