Le gouvernement espagnol révise sa position sur l’assainissement des banques
Cela faisait des mois que le gouvernement espagnol répétait qu’il n’injecterait pas un centime d’argent public pour assainir un secteur bancaire, malade de ses actifs immobiliers. Pourtant, le chef du gouvernement Mariano Rajoy a dû admettre lundi matin dans une interview à la radio Onda Cero que les banques espagnoles pourraient avoir besoin de fonds publics pour finaliser leur assainissement.
«Je ne renoncerais pas à injecter des fonds publics si c’était nécessaire pour obtenir des crédits et sauver le système financier espagnol», a ainsi déclaré le leader conservateur à la radio espagnole. Cette révision de position sur l’assainissement du secteur bancaire serait, selon les experts, la réponse de l’exécutif espagnol aux pressions du FMI et de Standard & Poors, qui a abaissé la note de l’Espagne de deux crans à un triple B. Les détails du nouveau plan d’assainissement seront ainsi communiqués vendredi en Conseil des Ministres.
Selon Miguel Angel Bernal, professeur d’économie à l’Institut d’Etudes Boursières (IEB) de Madrid, «on ne sait pas encore la quantité exacte dont ces entités vont avoir besoin». Déjà dans la presse, on montre du doigt les besoins de Bankia qui sont estimées entre 5 et 10 milliards d’euros. Le président de la plus grande union de caisses d’épargne espagnoles, Rodrigo Rato, a d’ailleurs dû démissionner suite à ces estimations. Mais selon Miguel Angel Bernal, la facture pourrait être bien plus élevée si l’on prend en compte les besoins des autres caisses d’épargne en processus de fusion et celles qui seront soumises à une vente aux enchères comme Banco de Valencia.
D’après le quotidien Expansion, c’est le Fonds de restructuration ordonné du secteur bancaire (Frob) qui fournira cette aide à travers les fameuses «CoCos», des obligations convertibles. Au départ, il était prévu que cet instrument serait mis à la disposition des entités candidates à fusion, tel que le prévoit le volet de la réforme financière adopté en février dernier par le Parti Populaire. Mais désormais, Madrid n’écarte pas de changements juridiques pour permettre à Bankia d’y avoir accès sans être obligé de se soumettre à un processus de fusion.
Plus d'articles du même thème
-
Le sort boursier de KNDS reste étroitement lié à celui de Rheinmetall
La perspective de voir le champion franco-allemand de la défense rejoindre la Bourse en 2026 semble de moins en moins probable alors que la capitalisation de son principal concurrent reste sous pression. -
Edmond de Rothschild nomme une responsable groupe philanthropie & engagement
Le groupe présent dans la banque privée et la gestion d'actifs promeut à ce poste Alice de La Rochefoucauld qui était conseillère en philanthropie depuis 2022. -
La peur de la baisse ou d'un gel des retraites pousse les actifs vers l'épargne
Selon l'Observatoire des solidarités intergénérationnelles, trois-quarts des citoyens jugent désormais indispensable de se constituer une épargne individuelle face au doute persistant sur l'avenir de leur pension.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le nouveau cadre SFDR se précise mais des désaccords demeurent chez les professionnels
- La France recule au 29ᵉ rang mondial du classement retraite de Natixis IM
- L’Europe lance un Pacte des investisseurs institutionnels européens pour la tech européenne
- Les assureurs ont orienté leurs achats vers la dette longue en 2025
- La Caisse des Dépôts va cesser de souscrire des obligations d'entreprises pétrolières
Contenu de nos partenaires
-
« Honte au gouvernement » : les blocages de lycées électrisent la classe politique
Jean-Luc Mélenchon et plusieurs de ses soutiens ont vivement protesté lundi contre la réaction du gouvernement à la contestation qui enfle parmi les lycéens. -
Mauvaise farceTokyo et Bruxelles craignent de faire les frais du rapprochement sino-américain
L'absence d'influence de l'Union européenne et du Japon a clairement été visible à l'occasion de la visite d'Etat du président chinois à Washington -
11 milliards d’euros annuels : l'Académie des sciences veut sauver le système scolaire « à bout de souffle »
Dans un rapport d’un format inédit publié lundi, l’institution propose plusieurs mesures pour un « cap de transformation »