Le futur de CNP Assurances se complique avec le départ de Frédéric Lavenir
Les incertitudes sur l’avenir de CNP Assurances se multiplient. L’action de l’assureur a chuté de plus de 4%, hier en séance, avant de clôturer en hausse de 0,21%, à 19,29 euros, au lendemain de l’annonce du départ, le 31 août prochain, de son directeur général, Frédéric Lavenir, pour «raisons personnelles». Cette démission, près de six ans après l’entrée en fonction de Frédéric Lavenir, «intervient alors que la spéculation est relancée depuis début 2018 sur un rapprochement entre CNP et La Poste», soulignent les analystes d’Invest Securities. Lors de la présentation des résultats annuels de La Poste, le 22 février, son PDG Philippe Wahl avait déclaré avoir «ouvert avec l’Etat, la Caisse des dépôts (CDC) et la CNP une réflexion sur l’avenir de la CNP».
Dans le cadre d’un pacte d’actionnaires courant jusqu’à fin 2019, la CDC détient 34,6% de CNP, Sopassure - une joint-venture entre La Banque Postale et BPCE - possède 30,7% du capital, et l’Etat 0,9%. Mais le dénouement progressif des liens commerciaux entre CNP et BPCE fait pencher la balance du côté de son autre grand actionnaire bancaire et distributeur de ses produits, La Banque Postale. En outre, la CDC ne fait pas mystère de sa volonté de créer un grand groupe public qui pourrait réunir ses filiales La Poste et CNP. Le successeur de Frédéric Lavenir «sera probablement nommé pour faciliter le processus», indique à L’Agefi Bassem Neifer, analyste chez AlphaValue.
La CDC, la Poste et BPCE n’ont pas souhaité réagir au départ de Frédéric Lavenir. Selon deux sources proches du dossier, aucun conseil d’administration ne s’est tenu pour entériner sa démission. Le seul conseil dont la date est aujourd’hui connue est celui qui se déroulera vers le 27 juillet, avant la publication des semestriels de CNP, le 30 juillet.
Si la démission de Frédéric Lavenir survient à «un moment délicat», selon Bassem Neifer, c’est également en raison des négociations entre CNP et Caixa Economica Federal (CEF) pour renouveler le partenariat de l’assureur français avec la filiale d’assurance du deuxième groupe bancaire public brésilien. La finalisation des discussions, d’abord prévue avant la fin 2017 puis pour début 2018, a notamment été retardée par une modification du management de CEF. «L’annonce d’un changement identique à la tête de CNP risque de compliquer davantage les choses», estime Bassem Neifer. Or le Brésil n’est autre que le deuxième marché de CNP, derrière la France.
Plus d'articles du même thème
-
Les portes claquent chez Rubis
Administrateur depuis juin 2025, Patrick Molis démissionne avec effet immédiat du conseil de surveillance du distributeur de produits pétroliers. -
Allianz reste solide sur ses appuis
Le rival d’Axa publie un bénéfice net part du groupe en baisse de 12,7% sur le deuxième trimestre 2026 à 2,6 milliards d’euros. Mais en données sous-jacentes, la croissance reste solide, ce qui permet au groupe bavarois de confirmer ses objectifs financiers 2026. -
Generali suit son chemin sans se laisser distraire
L’effervescence du secteur bancaire italien alimenté par de putatifs projets de consolidation ne perturbe pas le premier assureur du pays qui ne dévie pas d’un pouce de sa trajectoire stratégique. Cette posture profite plutôt à Generali qui présente de solides résultats au premier semestre.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- Des investisseurs institutionnels s'opposent à l'abrogation des règles climat de la SEC
- Prologis s'empare de Segro pour 14 milliards de livres
- Vonovia s’échine à trouver d’autres relais de croissance
- Le fonds souverain saoudien finalise le rachat d'Electronic Arts
- CalSTRS engrange un rendement net de 13,9% sur l'exercice 2025-2026
Contenu de nos partenaires
-
Revolut obtient une licence bancaire française : ce qui change pour les clients
Revolut a obtenu ce mardi 10 août de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) et de la Banque centrale européenne un agrément qui va lui permettre de poursuivre son offensive et proposer de nouveaux produits aux Français -
Série d'étéRaymond Barre en 2007 : le testament politique du meilleur économiste de France
SERIE. Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Série d'étéMoi, François Gemenne, président : « Je me donnerais le droit de vote »
SERIE. Le chercheur et politologue belge se met dans la peau du futur locataire de l’Elysée. Il donnerait le droit de vote aux étrangers établis sur le territoire national depuis plusieurs années, qui y paient des impôts et contribuent à la vie du pays