Le fonds stratégique des assureurs mise 400 millions sur Arkema et Seb
Le Fonds stratégique de participations (FSP) - créé l’été dernier par la CNP, Cardif, Predica et Sogécap -, a annoncé hier ses premiers investissements dans le SBF 250. Cette Sicav gérée par Edmond de Rothschild AM (EdRam) a acquis 6,05% d’Arkema et 5,25% de Seb, avec respectivement 5,64% et 3,58% des droits de vote. Aux cours d’hier, cela équivaut à un engagement de 265 millions d’euros dans le chimiste et de 155 millions dans le fabricant d’électroménager. Des sources proches confirment une enveloppe totale de 400 à 450 millions.
Chez Arkema, dont le capital est très éclaté, le FSP devient le deuxième actionnaire derrière les salariés. Chez Seb, il se situe derrière les deux holdings de la famille fondatrice et juste devant celle de la famille Peugeot. Après avoir identifié plusieurs cibles, le fonds est entré en discussion début 2013.
«Nous souhaitons détenir plus de 5% des sociétés et être des actionnaires de long terme, sans engagement de durée, précise Antoine Lissowski, directeur général adjoint finances de CNP Assurances. Nous comptons a priori rester au moins le temps du mandat d’administrateur demandé à Seb et à Arkema et qui sera confié, dans chaque cas, à une personnalité indépendante ». «Nous n’avons pas la prétention de peser globalement sur le marché actions, mais d’être un facteur de stabilisation en garantissant aux entreprises un bloc d’actionnaire stable et pérenne», complète Jérôme Grivet, DG de Crédit Agricole Assurances et Predica.
«Chacun pouvait déjà détenir une partie de la future participation du FSP, à qui nous avons apporté nos titres au prix du marché, poursuit-il. Le FSP a complété l’enveloppe en achetant des titres sur les marchés ces dernières semaines». Selon une source, les quatre assureurs détenaient jusqu’alors 1% à 1,5% de Seb. «Nous pouvons aussi conserver en direct une partie de nos titres, en fonction de notre horizon de gestion», pointe Eric Lombard, PDG de BNP Paribas Cardif. En fonction aussi des risques de moins-value.
«Chaque assureur a investi en proportion comparable dans la Sicav, mais celle-ci est très souple: ils choisiront d’entrer ou non dans les compartiments futurs, et à quelle hauteur », indique Nicolas Dubourg, directeur de solutions d’investissement d’EdRam. Le fonds vise au moins un milliard d’euros d’actifs, à comparer aux 40 milliards d’encours actions des quatre compagnies. Il pourrait aussi accueillir un ou deux assureurs de plus.
Plus d'articles du même thème
-
«Au sein de l’Europe continentale, nous privilégions notamment les actions allemandes»
Matthieu Barrière, responsable de l’allocation d’actifs chez ODDO BHF AM. -
«Des phases de consolidation pourraient offrir des occasions de renforcer une exposition sur le yen»
Michaël Nizard, responsable de la gestion multi-asset et overlay chez Edmond de Rothschild AM. -
Les acheteurs de dette française attendent beaucoup du prochain quinquennat
Pour Alexandre Stott, économiste chez Goldman Sachs, la croissance de la France restera trop faible pour envisager une réduction rapide du déficit public. En revanche, les investisseurs attendent une clarification des orientations politiques du pays pour acheter davantage de dette.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Dilemme du prisonnierCensurer ou pas le budget 2027 ? Les calculs risqués des députés PS
Dès lors que la candidate du RN dit préférer un « budget imparfait » au chaos qu’entraînerait la chute du gouvernement, les socialistes n’ont plus aucune raison d’endosser des mesures d’économie, forcément impopulaires, a fortiori dans un contexte de primaire -
Bertrand Martinot : « Un retour aux 39 heures serait tout aussi absurde que les 35 heures »
Selon une note de l'économiste pour la Fondapol, un alignement du temps de travail des Français sur celui des Allemands générerait 110 milliards d’euros de PIB supplémentaire -
Comptes publicsLa réponse à la « crise » du pouvoir d’achat est dans la croissance
La France paie les erreurs des politiques économiques depuis 30 ans. La faiblesse de la croissance ne permet pas une hausse des salaires suffisante pour soutenir le pouvoir d'achat