Le FMI appelle la zone euro à mener une opération vérité sur ses banques

Le Fonds considère que l’assainissement des bilans est un préalable à la reprise. Il suggère qu’une tierce partie s’associe aux tests de la BCE et de l’EBA
Alexandre Garabedian

Du côté de Washington, le discours commence à être connu. Le Fonds monétaire international (FMI), qui a publié hier un rapport sur les politiques menées en zone euro, a une nouvelle fois appelé les dirigeants européens à procéder au nettoyage complet du bilan de leurs banques. La fragmentation financière et la faiblesse de certains établissements de crédit constituent en effet les principaux freins à la croissance, selon le Fonds. Celui-ci prévoit une contraction du PIB de la zone euro de 0,6% cette année, comme en 2012, avant une modeste reprise à +0,9% l’an prochain. Il juge élevé le risque de stagnation prolongée, sous l’effet d’un «delevarging» qui prendrait plusieurs années.

«La première priorité est de restaurer des bilans bancaires sains pour relancer le crédit, estime le FMI. Les mesures immédiates comprennent la reconnaissance complète des pertes, la recapitalisation des banques faibles mais viables, et la fermeture ou la restructuration des banques non viables».

L’institution de Washington attend beaucoup de l’exercice d’évaluation des bilans qui doit être mené, au plus tôt fin 2013, par la Banque centrale européenne (BCE) dans le cadre de la supervision unique du secteur, avant que l’Autorité européenne des banques (EBA) ne mène de son côté des tests de liquidité. Manifestement méfiant, le Fonds suggère d’associer à la BCE, à l’EBA et aux autorités nationales «une tierce partie indépendante», qui serait «essentielle pour assurer la pleine crédibilité et transparence de l’exercice».

La méthode a déjà été suivie en Irlande ou en Espagne afin d’apprécier l’étendue des désastres bancaires locaux. Mais pour que le «stress test» ne se révèle pas contre-productif en poussant les banques à vendre des actifs, le FMI insiste sur l’importance du Mécanisme européen de stabilité comme dispositif ultime de recapitalisation.

Le Fonds estime par ailleurs que la Banque centrale européenne pourrait aller plus loin. «Au vu de la faible croissance et de l’inflation contenue, un nouveau soutien monétaire, y compris à travers des baisses de taux de la part de la BCE, serait probablement nécessaire, surtout si les conditions empirent», indique le communiqué de l’institution. Qui salue au passage la nouvelle politique d’orientation des anticipations de taux (forward guidance) en zone euro.

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