Le fixing de l’or et de l’argent à Londres éveille les soupçons
La crise aura renforcé le sens de l’initiative des régulateurs bancaires à travers le monde. Alors que le cadre réglementaire reste en évolution, certaines pratiques communément admises hier font désormais l’objet d’une attention rigoureuse et laissent découvrir des irrégularités.
Il pourrait en être ainsi, dans le sillage des enquêtes concernant la manipulation des taux interbancaires ou du marché des changes, des soupçons de manipulation concernant le marché de l’or et de l’argent. Les prix de référence y sont fixés à Londres selon une procédure presque centenaire. Depuis 1919 en effet, cinq banques pour l’or et trois pour l’argent se réunissent chaque jour pour déterminer les cours, sur la base de l’activité effective du négoce. 175 millions d’onces d’or d’une valeur de plus de 200 milliards de dollars changent de main de gré à gré chaque jour à Londres.
Ce fixing a éveillé l’intérêt des régulateurs, en tout cas de la FCA britannique et de la BaFin allemande. Cette dernière a reconnu en novembre étudier depuis plusieurs mois les modalités de détermination au sein des banques d’autres benchmarks que le Libor et l’Euribor, dont ceux sur l’or ou l’argent. Et la semaine dernière, le Financial Times a fait état d’une intensification de l’enquête outre-Rhin, par le biais de plusieurs visites menées par la BaFin chez Deutsche Bank. Le personnel aurait été interrogé sur le dossier et le régulateur a demandé à obtenir nombre de documents. La FCA n’aurait pas engagé d’enquête formelle.
Reuters rapportait vendredi d’une source proche du gendarme allemand qu’aucune preuve n’avait encore été décelée laissant croire à une manipulation du fixing sur les métaux précieux. La banque allemande, qui a enregistré une provision générale pour risque juridique de 1,2 milliard d’euros au troisième trimestre, a été la principale victime ce mois-ci des sanctions infligées par la Commission européenne pour manipulation des taux interbancaires, avec une amende individuelle de 725 millions.
Deutsche Bank est présente sur les deux exercices de fixing de l’or et de l’argent, tout comme Bank of Nova Scotia et HSBC, l’échantillon étant complété pour l’or par Barclays et la Société Générale. La banque française, également épinglée début décembre par Bruxelles sur l’Euribor, s’est refusée vendredi à tout commentaire quant aux enquêtes présumées sur les entraves au libre marché des métaux précieux.
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