Le fichier positif à la française entend éviter le risque de démarchage
Le rapport sur le fichier positif entre dans sa dernière ligne droite. Le groupe de travail sur ce dispositif de lutte contre le surendettement doit rendre ses propositions cette semaine à Bercy. Celles-ci sont de plusieurs ordres.
Le champ d’application d’abord. Le rapport recommande la seule prise en compte des prêts octroyés par les établissements de crédit. Il exclut donc les dettes liées à toute autre charge (factures EDF, téléphoniques, etc.). Cette précision soulage certains participants. «Le risque était de s’orienter vers un contrôle des dépenses, alors qu’un examen de solvabilité, prévu par la loi Lagarde sur le crédit à la consommation, suffit», explique à L’Agefi un participant au groupe de travail.
Le fichier positif ne prendra pas non plus en compte les découverts de moins de trois mois. «Cette précision n’engage à rien: les banques ont l’obligation de transformer en crédit tout découvert de trois mois ou plus», précise le participant.
En outre, les crédits seront recensés tant en montant qu’en nombre. Les banques, qui penchaient plutôt pour la seconde solution, n’auraient donc pas été suivies. Les plus radicaux de l’autre côté du spectre réclamaient eux que figure aussi le capital restant dû.
Les modalités d’accès ont également été sujettes à débat. Seuls les établissements de crédit et les personnes fichées pourront consulter le fichier. Pour éviter toute utilisation abusive, comme le démarchage commercial, le projet propose de mettre en place un mécanisme de contrôle: il vérifiera l’adéquation du nombre de crédits gérés par l’établissement et le nombre de consultations effectuées par ce dernier. Le risque de démarchage, souligné par les associations de consommateurs, était également l’une des raisons pour lesquelles les principaux acteurs du crédit à la consommation s’opposaient au fichier positif. Ils craignaient que les nouveaux entrants ne prospectent leurs fichiers de clients.
Dans leur édition de vendredi, Les Echos expliquent par ailleurs qu’un dérivé du numéro de Sécurité sociale sera utilisé pour identifier les emprunteurs, la CNIL soulignant notamment le risque d’homonymies.
Reste à chiffrer le coût du dispositif, dont la demande a curieusement été formulée tardivement. Si son financement échoyait aux banques, il n’en justifierait pas pour autant une répercussion sur la marge des crédits. En Belgique, où le fichier existe depuis 2003, sa mise en place a en effet provoqué un recul du coût du risque de l’activité.
Plus d'articles du même thème
-
Abivax rassure sur la sécurité d'un de ses traitements et rebondit en Bourse
De premiers résultats de phase 3 pour son candidat médicament contre la rectocolite hémorragique avaient inquiété sur son niveau de sécurité, entraînant une forte chute de la biotech en Bourse début juin. -
L'inflation française est tombée sous 2% en juin
Le repli des cours du pétrole a permis de ralentir la hausse des prix. La consommation a également rebondi le mois dernier. -
Bureau Veritas sort de l'inspection des produits pétroliers et du charbon
Le groupe va vendre ses activités dans le domaine pour une valeur d'entreprise de 470 millions d'euros, soit un peu plus d'une fois le chiffre d'affaires.
ETF à la Une
Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
La fin d’une « niche sociale boostée » : l’aide à domicile va coûter plus cher à partir de mercredi
Mesure d’économie pour les finances publiques, l’âge pour bénéficier de l’exonération de cotisations patronales pour les aides à domicile est relevé à 80 ans à partir du 1er juillet. -
Phase de poulesPhilippe Brun, un outsider à l’assaut de la primaire interne du PS
Dans le sillage d’Arnaud Montebourg, dont il avait fait la campagne en 2022, le député de l’Eure aborde cette compétition interne dans le rôle du « candidat des salaires ». Sa proposition d’instaurer une CSG progressive vise à rapprocher le salaire brut du net pour renouer avec les ouvriers et les employés qui se sont détournés de la gauche de gouvernement. -
Thermomètre
Avec l'acétamipride, le monde agricole espère vivre son moment climatisation
Le sort du produit phytosanitaire doit être étudié au Sénat dans la loi d'urgence agricole. Nombre d'agriculteurs veulent faire du débat un test pour la classe politique : est-elle capable de renoncer aux anathèmes pour revenir à la raison ?