Le dossier iranien devient le nouveau boulet pour le secteur financier

Après Standard Chartered, RBS et Commerzbank sont dans le collimateur des autorités américaines. D’autres banques pourraient suivre
Krystèle Tachdjian
Vue de Téhéran. Photo: REA
Vue de Téhéran. Photo: REA  - 

La liste des banques soupçonnées de transactions illicites avec l’Iran s’allonge. C’est désormais au tour de Royal Bank of Scotland (RBS) et Commerzbank de se retrouver dans le collimateur des autorités américaines pour de possibles violations des sanctions américaines contre l’Iran. Déjà visée par les enquêtes sur les manipulations du Libor, la banque britannique en partie nationalisée fait l’objet d’investigations de la Fed et du département de la Justice à propos du dossier iranien, a révélé hier le Financial Times. Cette enquête a été déclenchée après que la banque a volontairement communiqué des informations aux autorités américaines et britanniques, affirme le quotidien.

De son côté, l’allemande Commerzbank est visée par une série d’enquêtes des autorités judiciaires américaines concernant d’anciennes transactions menées pour le compte de pays soumis à des sanctions. La deuxième banque allemande a fait savoir qu’elle coopérait depuis 2010 avec les autorités américaines pour vérifier si d’anciennes transactions financières de sa filiale américaine vers l’Iran, la Corée du Nord, le Soudan ou encore Cuba ne violaient pas les sanctions américaines à leur encontre. La banque s’est défendue en expliquant qu’elle ne faisait plus de transaction avec l’Iran depuis 2007 et qu’elle cherchait la solution d’un règlement amiable.

Deutsche Bank fait elle aussi l’objet d’investigations de la part des Etats-Unis pour déterminer si elle a fait transiter via sa filiale américaine des milliards de dollars de transactions liées à l’Iran.

Plusieurs établissements ont déjà dû sortir leur chéquier. Le 14 août, Standard Chartered a accepté de verser 340 millions de dollars (272 millions d’euros) à l’Etat de New York pour mettre fin aux poursuites. En juin, le gouvernement américain avait obtenu du bancassureur néerlandais ING qu’il lui verse 619 millions de dollars (environ 500 millions d’euros), soit l’amende la plus lourde imposée dans une affaire de violations de sanctions économiques.

Ces feuilletons judiciaires viennent à nouveau égratigner l’image du secteur financier déjà mise à mal par le scandale du Libor. Il faut s’attendre à ce que d’autres banques soient épinglées dans les prochaines semaines.

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