Le Crédit Foncier poursuit son ouverture aux investisseurs étrangers
Le Crédit Foncier garde un profil de financement solide. La filiale du groupe BPCE a annoncé une hausse de son résultat net de 15% à 253 millions d’euros en 2010, portée par une reprise du volume des crédits immobiliers en France à 169 milliards d’euros (contre 120 milliards en 2009), qui reviennent sur les niveaux d’avant-crise. La production globale de crédit a progressé de 14% à 16,8 milliards d’euros, dans un contexte de taux historiquement bas. Hors produits de cession, le résultat net recule à 205 millions pour un produit net bancaire à peu près constant à 994 millions d’euros.
Grâce à une structure d’activité plus stable que les autres banques, le Crédit Foncier a réussi à garder un coût du risque de seulement 8 points de base (bp) et un taux de créances douteuses stable à 1,5 % (contre 1,3% en 2009). La banque peut également se targuer d’un ratio de fonds propres durs de 7%, ainsi qu’une bonne capacité d’émission, même durant la crise financière.
La banque souhaite axer son développement vers les collectivités locales, comptant sur leur volonté de relancer la construction ou la réhabilitation de logements sociaux. Un pari qui semble audacieux compte tenu des récents déboires des banques positionnées historiquement sur ce segment (Dexia) et à l’heure où Bâle 3 remet en question l'équilibre d’une activité gourmande en liquidités (L’Agefi Hebdo du 3 mars).
Le Crédit Foncier compte sur son véhicule de refinancement, la Compagnie de Financement Foncier. Celle-ci, souhaitant diversifier sa base d’investisseurs, a réalisé hier une émission de covered bonds de 1,5 milliard de dollars et d’une maturité de 3 ans. L’opération, dirigée par Barclays Capital, BNP Paribas, Citigroup, JPMorgan et Natixis, a été réalisée à un prix de 85 bp au-dessus du taux Libor dollar 3 mois. Le livre d’ordre de 1,8 milliard a été souscrit par plus de 60 investisseurs, dont 57% sont américains, 27% européens et 10% asiatiques. Les gérants d’actifs et assureurs ont été les plus demandeurs avec une part de 52% de l’émission, 34% ayant été souscrits par les banques centrales et assimilées et 14% par les établissements bancaires.
Il s’agit de la première émission en dollar de l’année pour le Foncier, et sa quatrième au total, la banque ayant réalisé une opération similaire en avril dernier pour 2 milliards, signant ainsi le grand retour des émetteurs européens sur le marché américain depuis 2007.
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