Le Crédit Agricole veut prendre son temps pour adapter son réseau en France
Après avoir longtemps botté en touche, aucune banque de détail en France n’échappe désormais à l’épineux sujet de l’adaptation des réseaux. Les nouvelles technologies modifient en profondeur le mode de consommation des services bancaires et pèsent sur la rentabilité des réseaux.
La Fédération nationale du Crédit Agricole, instance représentative des 39 caisses régionales de la banque verte, ne fait pas exception, mais compte prendre son temps. «Nous ne partageons pas l’idée de réduire le nombre d’agences sans avoir préalablement changé de modèle», a indiqué Philippe Brassac, secrétaire général de la FNCA, à l’occasion de la publication de ses résultats et de son activité en 2012.
Le dirigeant a rappelé les deux axes autour desquels le groupe Crédit Agricole compte construire son réseau de demain: le périmètre du conseil, pour tous les sujets relatifs au patrimoine des clients (banque, assurance, prévoyance, immobilier) et le périmètre de la distribution, pour lequel la banque entend être intégralement multicanale, permettant au client d’alterner entre les modes de contacts (agence en dur, internet, téléphone) sans rupture de charge.
«Nous qualifierons le redimensionnement du réseau une fois que ce projet sera clair», poursuit Philippe Brassac, qui lie ce processus à la seule évolution du modèle de banque du groupe. «Nous n’entendons pas réduire la taille de notre réseau dans le seul but de réduire nos coûts, contrairement à d’autres banques: le coefficient d’exploitation de nos caisses régionales est de 55%», justifie-t-il.
Dans ce cadre, le dirigeant rappelle la place que tient le projet de système informatique commun Nice, lancé en 2010. A ce jour 22 caisses ont migré, les autres devant suivre d’ici à la fin de l’année. La mise en œuvre de la version définitive est attendue pour 2014. Si dans sa version définitive Nice devrait à terme faire économiser 200 millions d’euros par an aux caisses, «il doit aussi faire évoluer les outils de relation client du groupe. C’est l’objectif ultime de Nice et c’est dans ce cadre que nous dimensionnerons notre réseau de distribution».
Mais s’il ne touche pas encore à la structure de son réseau, le groupe n’en prévoit pas moins de réduire la voilure en termes d’effectifs, comme ses concurrents: les 39 caisses prévoient cette année plus de 4.000 départs pour 3.000 recrutements.
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