Le Crédit Agricole se recentre sur l’Europe et la croissance interne
Paris, Palais des Congrès: 1.200 cadres du Crédit Agricole s’apprêtent aujourd’hui à découvrir le projet à long terme du groupe. Au terme de neuf mois de gestation, les nouveaux dirigeants de la banque verte ont accouché d’une ambition frappée au coin du bon sens paysan: «devenir leader en Europe de la banque universelle de proximité». Pour les chiffres, les investisseurs devront patienter jusqu’en mars, quand le véhicule coté Crédit Agricole SA dévoilera ses objectifs à 3 ans.
Le recentrage sur l’Europe et le Bassin méditerranéen est assumé, malgré la crise en zone euro et la vogue des marchés émergents. Le groupe estime avoir de grosses marges de progrès. En France, où ses parts de marché dans l’assurance dommages (10%) et le crédit à la consommation (13% à 14%) sont inférieures à son poids dans la banque de détail (25%). A l’étranger, où il juge le développement de ses différents métiers trop cloisonné, et où il veut pousser l’ensemble de ses activités (assurance, gestion, etc.) dès que l’une d’elle est présente dans un pays.
La banque de financement et d’investissement, dont le recentrage a été amorcé depuis deux ans, se pliera elle aussi à cette discipline. Son nouveau directeur général, Jean-Yves Hocher, «doit arrimer davantage CA CIB au reste du groupe», indique Jean-Paul Chifflet, DG de CASA.
Le projet de groupe signe aussi la fin de la croissance externe tous azimuts. «Nous irons au-delà de l’Europe chaque fois que ce sera nécessaire pour notre clientèle de grandes entreprises. Mais nous ne viserons pas d’implantations ex nihilo et opportunistes sur des zones à forte croissance», précise Dominique Lefebvre, président de la Fédération nationale du Crédit Agricole, l’organe des caisses régionales actionnaires à 54% de CASA et qui entendent rester majoritaires. Les discussions pour un partenariat à 50/50 dans les métiers actions avec le chinois Citics entrent dans la première catégorie. Plus question, en revanche, comme en Ukraine, d’acheter une banque par simple opportunisme.
La déclinaison du projet de groupe chez CASA et de ses filiales pourrait donner lieu en mars à de nouveaux arbitrages sur des activités ou des pays. Une chose est sûre: le groupe restera encore longtemps en Grèce, où il doit redresser Emporiki, et en Espagne. Sa part de 24,7% dans Bankinter, valorisée à près de 1,2 milliard dans ses comptes, se traite à 510 millions en Bourse.
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