Le Crédit Agricole pose les jalons de sa future gouvernance
Le départ annoncé de Jean-Marie Sander ouvre la voie à la nomination d’un président commun à CASA et à la Fédération, avant l'évolution de l’organe central.
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Alexandre Garabedian
Jean-Marie Sander a annoncé lors de l’assemblée générale son prochain départ de Crédit Agricole SA, la structure cotée du groupe mutualiste.
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C’est plus qu’une passation de pouvoirs au Crédit Agricole. L’assemblée générale de Crédit Agricole SA, hier, n’a pas seulement marqué la fin du mandat de Jean-Paul Chifflet, remplacé à la direction générale par Philippe Brassac, ex-secrétaire général de la Fédération nationale du Crédit Agricole (FNCA). Jean-Marie Sander, le président de CASA, en a également profité pour annoncer son départ dans le courant de l’année 2015. Son mandat d’administrateur court jusqu’en 2016.
«J’accompagnerai la mise en place de la nouvelle équipe et je mettrai fin à mes fonctions de président du conseil d’administration avant la fin de l’année. A ma manière, je contribuerai ainsi à renforcer l’unité du groupe», a déclaré l’Alsacien, âgé de 65 ans, devant les actionnaires de la banque verte.
Le changement d’hommes chez CASA devrait faciliter le projet d'évolution de la gouvernance du groupe, dont Philippe Brassac et Dominique Lefebvre, président de la FNCA, se sont faits les ardents promoteurs. Le projet, baptisé ROC, vise à redonner une vraie unité au Crédit Agricole, notamment en transférant les fonctions d’organe central aujourd’hui assumées par le véhicule coté vers une holding portant la participation majoritaire (56%) des caisses régionales et détenue à 100% par ces dernières.
Pour réussir ce chantier, il convient aussi de dépasser le face-à-face qui met aux prises, d’un côté, le président et le secrétaire général de la FNCA, et de l’autre, le président et le directeur général de Crédit Agricole SA. Une opposition qui, au-delà des hommes, est inscrite dans les structures de la banque verte et se répète dès qu’un duo de dirigeants passe de la Fédération à CASA, comme cela a été le cas de Jean-Marie Sander et Jean-Paul Chifflet en 2010. Entre les deux tandems, l’ambiance s’est rafraîchie ces derniers mois. Jean-Marie Sander avait même été évincé de son mandat de vice-président de la FNCA début décembre.
Si rien n’est dit officiellement, «qu’une même personne assume les fonctions de président de la Fédération et de CASA permettrait de préfigurer la future organisation du groupe», estime un bon connaisseur. D’où l’allusion de Jean-Marie Sander à sa contribution à l’unité du groupe. Le nouveau vice-président de la FNCA, Jack Bouin – titre qui s’est substitué à celui de secrétaire général – resterait, dans ce schéma, vice-président de CASA.
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