Le Crédit Agricole met de côté la réorganisation de l’organe central
Le projet «Roc», réorganisation de l’organe central, du Crédit Agricole est mis de côté. Le chantier, qui prévoyait notamment de modifier les équilibres de pouvoir du groupe vers une structure de tête contrôlée par les caisses régionales du Crédit agricole, est jugé trop risqué à ce stade par la direction du groupe bancaire. «Le Crédit agricole (...) a initié des réflexions relatives à cette question. Ces réflexions font l’objet d'échanges avec les autorités de tutelle, en particulier les services de la Banque centrale européenne. Ces échanges conduisent à constater des contraintes non levées à jour», indique le Crédit Agricole. «De ce fait, aucune opération susceptible d’affecter substantiellement le périmètre de Crédit agricole S.A. comme celles qui ont pu être évoquées par des sources externes au groupe n’est réalisable à ce stade».
En attendant de connaître plus précisément la position des autorités de tutelle sur les groupe mutualistes, le Crédit Agricole va s’attacher à modifier l’organisation de sa structure cotée, Crédit agricole SA. CASA sera réorganisé autour de sept grands pôles, dont quatre rassembleront ses principaux métiers, un «choc de simplification» voulu pour s’adapter aux évolutions programmées du secteur bancaire. Le véhicule coté du Crédit agricole prévoit de constituer à partir du 1er septembre une nouvelle division dite de «grandes clientèles» qui regroupera la banque de financement et d’investissement, la banque privée et les services aux institutionnels et aux entreprises. Une deuxième réunira l'épargne, l’assurance et l’immobilier, une troisième les services financiers spécialisés et une quatrième les filiales de banque de proximité à l’international et LCL. S’adjoindront trois pôles dits de «fonctions centrales» pour piloter les chantiers «transversaux». Il s’agit de la première grande annonce de CASA depuis la prise de fonctions du nouveau directeur général Philippe Brassac le 20 mai.
Le groupe Crédit Agricole a également annoncé un profit net part du groupe de 1,5 milliard d’euros au deuxième trimestre 2015, en hausse de 91,4% sur un an. Soutenue par une base de comparaison favorable, puisque le groupe avait soldé l’an dernier son aventure Banco Espirito Santo (BES) pour 708 millions d’euros, cette progression a néanmoins été étayée par un certain dynamisme commercial, qui a permis d’effacer une provision pour litige de 350 millions.
Enregistrée dans les livres de Crédit Agricole SA (Casa), le véhicule coté du groupe bancaire, cette écriture comptable intervient dans un contexte de progression des discussions avec les autorités américaines, concernant des paiements libellés en dollars impliquant des pays placés sous embargo par Washington. Selon Philippe Brassac, le directeur général de Casa, un règlement définitif du dossier devrait intervenir dans les mois qui viennent.
Retraité de cet élément exceptionnel, ainsi que de la réévaluation de la dette, du DVA courant et des couvertures de prêts, le produit net bancaire des métiers du groupe a progressé de 3,4% au deuxième trimestre, à 8,25 milliards d’euros. Le résultat brut d’exploitation a lui augmenté de 3,9%, tandis que le coût du risque a baissé de 21,6%. Le ratio de solvabilité CET1 s’est lui amélioré de 20 points de base au deuxième trimestre, à 13,2%.
Sur le plan commercial, Crédit Agricole a notamment enregistré 230.000 ouvertures nettes de dépôts à vue sur un an dans les caisses régionales, tandis que les encours de crédits ont augmenté de 2,2%, à 500 milliards d’euros. La production de crédits à la consommation et les encours de partenariats automobiles ont pour leur part grimpé de respectivement 13,7% et 10% sur un an. La collecte bilan (+4%) a également été dynamique, tandis qu’Amundi a engrangé 22,6 milliards d’euros.
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