Le Crédit Agricole consent un rabais pour vendre CLSA
En quelques jours, le Crédit Agricole a soldé une aventure vieille de 16 ans dans le courtage actions, héritée d’Indosuez puis du Crédit Lyonnais. La banque verte a officialisé le 20 juillet la vente, en deux temps, de son courtier asiatique CLSA au chinois Citics, quelques jours après l’annonce de l’apport de son courtier européen CA Cheuvreux à Kepler. La transaction avec Citics, qui a mis plus de deux ans à se dessiner et devait prendre au départ la forme d’un partenariat, traduit la baisse des valorisations des brokers actions. JPMorgan et Gide ont épaulé le groupe français, Rothschild la partie chinoise.
Citics rachète dans un premier temps 19,9% du capital du courtier asiatique de CA CIB pour 310 millions de dollars. La transaction est déjà effective. En juin 2011, pour acquérir le même ticket dans l’ensemble Cheuvreux-CLSA, le groupe avait accepté de débourser 374 millions de dollars. Mais les observateurs estimaient que Cheuvreux, en perte chronique, représentait une part minime de ce prix. Les discussions avaient d’ailleurs achoppé et le courtier européen était sorti du périmètre des négociations en avril dernier. Sa vente à Kepler, qui devrait s’accompagner d’une lourde restructuration, pourrait en définitive coûter de l’argent au groupe mutualiste, même si les termes de la transaction sont tenus secrets.
CA CIB, la banque de gros du Crédit Agricole, dispose aussi d’une option de vente pour céder d’ici au 30 juin 2013 ses 80,1% restants de CLSA au prix de 941,7 millions de dollars (772 millions d’euros). A cette échéance, la présence du groupe dans le cash actions pourrait donc se résumer à sa participation résiduelle dans le futur ensemble Kepler Cheuvreux, estimée à environ 15% du capital.
Alors que le premier bloc valorise CLSA à plus de 1,55 milliard de dollars, le solde de 80% est payé sur la base d’un prix de 1,17 milliard. Au total, CA CIB est assuré de retirer 1,25 milliard de dollars de cette vente. Au début des discussions, certains analystes évaluaient l’ex-Crédit Lyonnais Securities Asia à 1,5 milliard de dollars. Depuis, la société est tombée dans le rouge en 2011.
Le Crédit Agricole restait muet vendredi sur l’effet de ces deux cessions sur ses comptes. «La concomitance des annonces laisse penser que la plus-value sur CLSA fera plus que compenser les pertes sur CA Cheuvreux», estime un analyste financier.
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