Le Comité de Bâle veille au grain sur l’arbitrage réglementaire
Dans une déclaration publiée sur son site internet jeudi, le Comité de Bâle met en garde les banques contre la tentation de réaliser des opérations d’arbitrage réglementaires qui leur permettraient de réaliser des économies de fonds propres. «Les banques ne doivent pas s’engager dans des transactions dont le but est de compenser des ajustement réglementaires, souligne le régulateur bancaire. De telles transactions feront l’objet d’une surveillance soigneuse s’agissant de l'évaluation du transfert du risque et de l’adéquation en capital.»
Depuis l’adoption du paquet de normes Bâle 3 en 2010, le Comité dit avoir été saisi «de nombreuses demandes pour revoir ou approuver des transactions cherchant à altérer la forme ou la substance de points soumis à ajustements réglementaires».
L’institution cite l’exemple d’opérations structurées «visant à reclasser les actifs d’impôt différés de façon à éviter qu’ils soient déduits du calcul du capital réglementaire». Parmi les stratégies utilisées, il évoque aussi l'émission de titres seniors ou subordonnés avec ou sans clause d’effacement, des contrats de vente qui ne transfèrent pas assez de risque pour être comptabilisés comme des cessions, l’usage de dérivés totalement collatéralisés et des polices d’assurance. «Ces transactions peuvent être complexes, artificielles et opaques. Elles peuvent inclure un risque juridique», critique le Comité de Bâle.
Récemment, Credit Suisse a fait parler de lui en imaginant une forme d’obligation catastrophe (cat bond) pour couvrir une partie de ses risques opérationnels (fraude, cyber-attaque, etc.) et économiser des fonds propres réglementaires. Le Comité de Bâle n’y fait cependant pas directement référence.
Plus d'articles du même thème
-
Le comité de Bâle durcit les modalités déclaratives des banques systémiques
La Banque des règlements internationaux a publié des amendements visant à traiter le problème du « maquillage des comptes » des banques systémiques. Les mesures seront applicables en janvier 2030. -
BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
Pour la première fois depuis 2024, la plus grande banque française par la capitalisation a accordé une hausse générale des rémunérations. Les salariés payés moins de 100.000 euros obtiennent une augmentation comprise entre 1% et plus de 5%. -
UniCredit va pouvoir prendre le contrôle de Commerzbank
La banque italienne a obtenu le feu vert de la BCE pour monter au-delà des 30% du capital de sa concurrente allemande. Elle pourrait en détenir près de 50% d’ici la fin de l’année.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- Ledger fait face à une cyberattaque d'un nouveau genre sur la blockchain
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les marchés monétaires recommencent à inquiéter en zone euro
Contenu de nos partenaires
-
Parcoursup, ce totem du mouvement lycéen qui s'impose dans la course à l'Elysée
Jean-Luc Mélenchon accuse la plateforme de « tri social ». Les autres candidats proposent de la faire évoluer, voire de la supprimer. Mais personne n'a de solution miracle pour régler la question de l’accès aux études supérieures -
Budget 2027 : les députés refusent tout effort sur les retraités
Après le rejet de la réforme de l'abattement de 10 % des retraités, mesure clé du PLF, les parlementaires, réunis en commission, ont rejeté la désindexation des pensions inscrite dans le budget de la Sécu -
Les risques de débordement « se confirment » : à quoi s'attendre ce 17 octobre ?
Selon différentes sources sécuritaires, des mouvances violentes pourraient infiltrer les cortèges et faire dégénérer les manifestations. Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, veut se montrer ferme pour l’occasion