Le Comité de Bâle porte à 7% le ratio de solvabilité des banques
Les experts du Comité de Bâle ont eu la main moins lourde que redouté. Le Groupe des gouverneurs et responsables de la supervision, l’organe dirigeant de l’institution bâloise, a levé le voile hier soir les nouvelles règles prudentielles pour les banques. Le ratio des fonds propres durs (core Tier one) passe d’une exigence minimale de 2% des actifs à 4,5%, un plancher auquel vient se rattacher un matelas de précaution de 2,5%. Composé d’actions ordinaires et destiné à «affronter de futures périodes de stress», il porte le ratio minimal des fonds propres les plus solides à 7%. Si la constitution de ce matelas n’est pas respectée, les établissements fautifs verraient leur capacité à distribuer leurs bénéfices (dividendes, rachats d’actions) enrayée.
Le ratio Tier one est pour sa part relevé de 4% à 6%. L’accord de Bâle 3 prévoit par ailleurs, sans en fixer la date, la mise en place d’un matelas de sécurité contracyclique représentant 0 à 2,5% du total de bilan, en complément du matelas de précaution. «Le but de ce matelas est de parvenir à atteindre un objectif macroprudentiel plus large consistant à protéger le secteur bancaire lors de périodes de croissance excessive du crédit», précise le communiqué du Comité de Bâle. «Les conclusions adoptées aujourd’hui marquent un renforcement fondamental des règles internationales an matière de fonds propres», s’est félicité Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne. «Leur contribution à la stabilité et à la croissance financière de long terme sera substantielle. Les périodes de transition permettront aux banques de satisfaire aux nouvelles règles tout en soutenant la reprise économique», a-t-il ajouté.
Le calendrier détaillé hier prévoit que la mise en œuvre des nouvelles règles sur le ratio Tier one interviendra en janvier 2013 et devra être achevée début 2015. Les règles concernant le matelas de précaution seront appliquées progressivement de janvier 2016 à janvier 2019. «Je pense que le secteur bancaire pourra vivre avec ces nouvelles règles. Le matelas de précaution est un peu plus bas que ce que nous craignions», a commenté Simon Hills, directeur de l’association des banquiers britanniques. Reste désormais à étudier la réaction des établissements bancaires, alors que Deutsche Bank a anticipé les exigences renforcées du Comité de Bâle en dévoilant hier une augmentation de capital (lire ci-dessous).
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Paris - A un an de la présidentielle, Marine Le Pen affirme son souhait d’un second tour «entre le bloc central et le RN». De préférence contre Edouard Philippe, plutôt que face à Jean-Luc Mélenchon. Tout en continuant d’espérer que «les juges ne (l’)empêcheront pas d'être candidate». La campagne n’a pas encore vraiment commencé mais la patronne du Rassemblement national sait déjà qui elle veut affronter. «Je souhaite un second tour face au bloc central», déclare-t-elle mardi dans un entretien à l’AFP. Un voeu formulé parce qu’elle «pense que ce qui est à faire est très important (et) qu’il est nécessaire d’avoir la force d’une élection de choix et pas d’une élection de rejet de l’autre candidat». Comprendre: face à Jean-Luc Mélenchon, que les rares sondages de second tour donnent très largement battu - moins de 30% pour l’Insoumis et plus de 70% pour Jordan Bardella - même si seul le président du Rassemblement national a été testé récemment dans ce cas de figure. Le match serait en revanche plus serré face à un adversaire issu des rangs de la droite et du centre. En particulier Edouard Philippe, donné gagnant dans les dernières enquêtes d’opinion, aussi bien contre Mme Le Pen que M. Bardella. «La présidentielle se jouera certainement entre le RN et le bloc central, s’ils arrivent à avoir un candidat commun», insiste tout de même la triple candidate à l’Elysée, qui reconnait que «dans cette configuration, Edouard Philippe a un certain nombre de qualités mathématiques» car «il est en même temps issu de la droite, ancien Premier ministre macroniste» et «il plaît à la gauche, en tout cas il ne la dérange pas». Pas envie de «facilité» Si sa préférence va donc à un affrontement contre celui qu’elle qualifie de «candidat du parti unique» et d’incarnation de «l’extinction du clivage droite-gauche», Mme Le Pen souligne que dans ce scénario, «il y a une condition sine qua non, c’est qu’ils arrivent à ne pas être quinze sur la ligne de départ». Dans le cas contraire, «le risque que Jean-Luc Mélenchon s’appuie sur un socle qui est plus fiable que le bloc central est réel», ajoute-t-elle. Mais la perspective d’une victoire dans un «front anti-LFI» ne l’enchante guère. «Je ne trouve pas ça extrêmement glorieux d'être élue sur la base de cet unique argument», explique-t-elle, critiquant «une forme de facilité». La critique vise notamment son autre rival déclaré, Bruno Retailleau, qui ne lui inspire aucune inquiétude. «Ce sera le Zemmour de 2027 (…) ce sera Monsieur Plus», ironise-t-elle. Son pari? Le patron des Républicains «va se radicaliser» pendant la campagne comme "à chaque fois que quelqu’un se met en concurrence avec le RN». Et si l’ex-ministre de l’Intérieur entend miser sur son expérience pour s’imposer, «tant mieux pour nous» car «son résultat à Beauvau est juste pathétique», assène-t-elle. Prête pour la bataille, la cheffe de file de l’extrême droite française est d’autant plus à l’aise que «les thèmes ont été imposés par le RN, aujourd’hui plus personne ne peut faire campagne sans parler d’immigration ni de sécurité, c’est une victoire idéologique qui est acquise». Avec «la question évidemment absolument essentielle du pouvoir d’achat», et «le sujet des finances publiques qui va certainement s’inviter», les grandes lignes de la confrontation sont tracées. Reste à trouver comment «dessiner dans l’esprit des Français ce que peut être la France sans l’ensemble de ces fils qui l’entravent et de ces maux qui la frappent». «La décision sera simple» Le parti n’en est pas encore là, même s’il «prépare sa campagne». Un premier séminaire mi-avril a permis d’identifier de premiers points sensibles, notamment la sécurité de son candidat «qui est une vraie préoccupation, parce que l’extrême gauche est de plus en plus brutale et violente». «Personne n’a jamais empêché un meeting de Mélenchon (…) il n’y a jamais de contre-manifestation contre un meeting de la France Insoumise, ça n’est jamais arrivé, ça n’existe pas», insiste-t-elle, dénonçant aussi bien «une impunité de la part des pouvoirs publics» qu’une «compréhension coupable de la part de la presse» qui s’en fait l'écho. D’autres réunions internes seront par ailleurs nécessaires pour finaliser le programme. «On va maintenant se voir extrêmement régulièrement, avec Jordan Bardella et nos équipes rapprochées pour commencer les arbitrages sur le projet présidentiel, qui a déjà beaucoup avancé», indique-t-elle. Mais l’essentiel reste suspendu à la décision de la cour d’appel de Paris, qui décidera le 7 juillet du sort de Marine Le Pen et pourrait confirmer son inéligibilité, voire lui imposer en plus le port d’un bracelet électronique. «Si les juges ne m’en empêchent pas, je serai candidate», assure-t-elle. A l’inverse, «si je ne peux pas être candidate ou si je ne peux pas faire campagne, ça revient au même», dit celle qui cèderait alors la place à son «binôme» Jordan Bardella. Sans état d'âme: «La décision sera simple (...) parce qu’en fait c’est assez binaire». Gabriel BOUROVITCH © Agence France-Presse