Le changement de méthodologie de S&P favorise les banques chinoises

L’agence de notation a dégradé la note de 15 grandes banques internationales, dont 6 géants américains, et relevé celle de Bank of China et CCB
Patrick Aussannaire
Le site de Standard & Poor's. Photo: PHb/Agefi
Le site de Standard & Poor's. Photo: PHb/Agefi  - 

Standard & Poor’s opère une refonte de la hiérarchie des banques internationales. Dans le cadre de son changement de méthodologie, l’agence de notation a annoncé hier soir avoir dégradé d’un cran la note de 15 grandes banques internationales, dont JPMorgan, Bank of America, Citigroup, Wells Fargo, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Bank of New York Mellon, Barclays, HSBC, Lloyds Banking Group, RBS, Rabobank, BBVA et UBS. Parmi ces banques, BoA et Morgan Stanley ont également vu leur note de court terme abaissée d’un cran, ce qui devrait rendre plus coûteuses leurs opérations de refinancement à court terme.

BoA avait estimé que la dégradation de sa note de deux crans par Moody’s en septembre pourrait la contraindre à garantir 3,2 milliards de dollars supplémentaires sur ses contrats de CDS, mais n’affectait que moins de 1% des ses financements. Citigroup a indiqué dans un communiqué que cette dégradation «ne reflétait pas de manière exacte les progrès significatifs accomplis par Citi au cours des trois dernières années». Le niveau des CDS à 5 ans de BoA progressait de 21 bp à 480 bp après clôture suite à l’annonce.

Dans le même temps, S&P a relevé les notes de deux banques chinoises, Bank of China et China Construction Bank (CCB) de «A-» à «A» et a laissé la note de Industrial & Commercial Bank of China inchangée à «A». Un niveau à présent supérieur à celui de BoA, Goldman Sachs et Citigroup, dont la note est tombée à «A-», et équivalent à celui d’UBS et Barclays. Une décision qui reflète selon S&P la probabilité « très élevée » d’une aide de Pékin en cas de « stress scénario ». « Alors que les emprunts accordés par les banques chinoises supportent des risques plus élevés, il ne s’agit que de prêts, pas de dérivés exotiques ou de banque d’investissement » estime Tom Quarmby, analyste chez Barclays Capital.

Sous la menace d’une dégradation de Moody’s, BNP Paribas, le Crédit Agricole et Deutsche Bank ont vu leur note inchangée par S&P, ainsi que dix-sept autres établissements.

Cette révision de notation est uniquement motivée par les changements de critère de notation des banques de la part de S&P qui intègre à présent les émissions obligataires ainsi que la dette garantie. L’agence compte progressivement annoncer les notations actualisées pour plus de 750 établissements dans le monde, mais a estimé que 90% des actions seraient limitées à un cran.

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