Le CCSF légitime la position tarifaire des assureurs face à Bercy
Après les banques, c’est au tour des assureurs de subir le regard scrutateur du monde politique français. Mais cette agitation pourrait bien se révéler n’être qu’un pétard mouillé. Il y a dix jours, la ministre de l’économie Christine Lagarde a indiqué avoir demandé au Trésor et aux autorités de la concurrence de vérifier le bien-fondé des augmentations tarifaires récentes ou prévues par les assureurs. Chez les mutualistes par exemple, les prix des contrats pourraient en effet augmenter de 1 à 3% en assurance automobile et au minimum de 4 à 5% en multirisques habitation (MRH) en 2011, selon le Groupement des entreprises mutuelles d’assurances (Gema). Pour l’ensemble du secteur, les hausses devraient s’échelonner entre 2% et 5% pour l’auto et entre 3,5% et 9% pour la MRH.
Arguments des professionnels: la multiplication des catastrophes naturelles et l’augmentation du taux de sinistralité. Le Gema déplore ainsi «la hausse du poids des dommages matériels», qui progressent de 3,5% à fin juin par rapport à la même période de 2009.
Si la suspicion domine parmi les députés et à Bercy, le rapport annuel 2009-2010 du Comité consultatif des services financiers (CCSF) légitime les décisions des assureurs. En assurance auto, «l’évolution des cotisations, comparée avec celle des prix à la consommation […], révèle un écart croissant au cours des quinze dernières années […]. L’écart entre les deux indices a atteint 30 points en 2008 et 28 points en 2009», souligne le CCSF. De même, le coût des sinistres a progressé de 6,6% entre 2008 et 2009. Conséquence, le ratio combiné se dégrade de six points (de 102% à 108%).
Même constat en MRH, avec un ratio combiné de 109%. «Le risque est aujourd’hui globalement sous-tarifé, estime Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet Facts & Figures. Le métier se trouve en situation de perte technique avec les événements climatiques. Une augmentation allant jusqu’à 30% chez certains assureurs serait justifiée.»
D’autant plus que gouvernement n’est pas à une contradiction près. Si les complémentaires santé préparent elles aussi l’augmentation de leurs tarifs, c’est notamment en raison de la nouvelle taxe de 3,5% pour financer la dette sociale… Devant cette situation, l’agence de notation Moody’s a d’ailleurs maintenu la semaine dernière sa perspective négative sur l’assurance française, pointant les «pressions continues sur la rentabilité» des métiers vie et non-vie.
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