Le bonus du PDG de JPMorgan est sur la sellette
C’est peu dire que le vote, ce mardi, du «package» de rémunération du PDG de JPMorgan, Jamie Dimon, suscite la controverse. Alors que la banque américaine a encore connu une année difficile, marquée par de nouvelles provisions pour litiges, l’attribution, pour la première fois depuis 2011, d’un bonus en numéraire de 7,4 millions de dollars (6,5 millions d’euros) à son patron passe mal. A commencer auprès des agences de conseil en vote ISS et Glaw Lewis, qui ont recommandé en début de mois aux actionnaires de rejeter la motion.
Selon les deux proxys, il est dommageable que les critères d’attribution demeurent flous. «La société est maintenant l’une des seules, voire la seule des grandes institutions financières qui ne lie aucun des éléments de rémunération du directeur général à l’accomplissement d’un objectif pour un ou des indicateurs», explique ainsi ISS.
Le cabinet note que la performance opérationnelle et la hausse de l’action ont tour à tour été évoquées pour justifier la rémunération de Jamie Dimon, qui avait été divisée par deux en 2012, à 11,7 millions de dollars, à la suite du scandale de la Baleine de Londres.
Les actionnaires devront cette fois-ci approuver à l’occasion d’un vote non obligatoire un package global de 20 millions de dollars, stable par rapport aux émoluments entérinés au titre de l’exercice 2013. Outre le bonus payé en numéraire, l’enveloppe comprend un salaire de 1,5 million de dollars, ainsi que 11,1 millions octroyés sous la forme d’actions bloquées.
Selon Glass Lewis, cette rémunération prouve que JPMorgan «a montré son incapacité à aligner les émoluments avec la performance». Si l’an dernier les profits de la banque ont rebondi de 21% pour atteindre un record de 21,8 milliards de dollars, c’est principalement grâce à la baisse des provisions pour litiges, qui ont culminé en 2013 à 23 milliards du fait de divers contentieux liés aux subprimes ou encore au scandale Madoff.
A l’inverse, les revenus de JPMorgan ont diminué de 2% l’an dernier, à 94,2 milliards de dollars, plombés par une baisse des revenus de trading de la banque d’investissement. En Bourse, l’action de la banque a en outre sous-performé, avec une progression de 7%, contre un gain de 13% pour l’indice des valeurs financières du S&P500.
Le vote de mardi intervient dans un contexte plus délicat pour Jamie Dimon. Après avoir écopé en novembre dernier de la plus forte amende de la première salve de sanctions liées au scandale du forex, JPMorgan pourrait à nouveau devoir s’acquitter d’une pénalité de 1 milliard de dollars.
Outre un volet judiciaire toujours ouvert, le PDG de JPMorgan doit aussi composer avec l’érosion de la rentabilité du modèle bancaire universel cher à ses yeux. «Les banques sont attaquées», s’était-il défendu à l’occasion de la présentation des résultats annuels, un mois avant que la banque n’abaisse de 15% à 13% son objectif de RoE à l’horizon 2017.
Alors que le sujet d’une scission de JPMorgan revient régulièrement sur la table, la banque américaine doit se préparer au coût des nouvelles règles imposées par la Fed aux banques systémiques. La banque américaine pourrait ainsi avoir à lever 22 milliards de dollars de fonds propres durs d’ici à 2019 pour constituer sa surcharge en capital.
Plus d'articles du même thème
-
« La prudence des investisseurs sur les actifs français peut durer jusqu’au printemps »
Julien-Pierre Nouen, directeur des études économiques et de la gestion diversifiée, Lazard Frères Gestion. -
Moody's épargne la France en maintenant sa note inchangée
Alors que beaucoup pronostiquaient une dégradation de la note de la France par Moody's, l'agence de notation l'a laissée inchangée, anticipant une réduction du déficit en 2027. -
La correction sur les actions pèse sur l’or
Le métal jaune n’a pas joué un rôle d’actif refuge dans la récente baisse, contrairement aux emprunts d’Etat américains et allemands, mais plutôt de source de financement des pertes sur d’autres actifs. Il est également affecté par les taux élevés, perdant près de 15% depuis fin août.
ETF à la Une
La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
Tirs à Trappes et à La Verrière : Macron fustige un « attentat » commis « sur la base d’une idéologie raciste »
Pour le président de la République, la nation est à « un tournant parce que c’est la première fois qu’il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, à raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne ». Des propos critiqués par Jordan Bardella, Jérôme Guedj ou encore Sarah Knafo -
RépitMoody's maintient sa note, la France garde son crédit
Surprise vendredi soir, l'agence Moody's a maintenu sa note Aa3 pour la France, avec perspective négative. Sébastien Lecornu a salué une décision qui « déjoue les pronostics déclinistes ». -
Arrête-moi si tu peux« On ne va pas faire campagne six mois comme ça » : à Amiens, Raphaël Glucksmann cherche à contourner l’obstacle LFI
Le candidat social-démocrate a consacré son premier déplacement post-primaire à la jeunesse, tout en justifiant son choix de ne pas aller dans des manifestations lycéennes où il fait face à un climat d’hostilité entretenu, selon lui, par l’extrême gauche