L’augmentation de capital de Piraeus Bank refroidit les investisseurs

La banque grecque va procéder à une augmentation réservée de 807 millions d’euros en janvier, pour une décote ex-droits de 43 %
Antoine Landrot

Acculée, Piraeus Bank en est réduite à prendre des décisions très impopulaires auprès des investisseurs. L’établissement grec, quatrième prêteur du pays, a publié hier les modalités de l’augmentation de capital réservée de 807 millions d’euros, annoncée le 26 novembre et votée le 20 décembre dernier en assemblée générale extraordinaire: douze actions nouvelles seront émises pour cinq actions déjà détenues, au prix unitaire d’un euro.

Si cette opération visait à restaurer la confiance des marchés, force est de constater que l’objectif est loin d’être atteint. Les investisseurs ont en effet très mal réagi à l’ampleur du rabais proposé par les dirigeants de la banque du Pirée, le titre chutant de 12% à 3,15 euros. «Selon nos calculs, l’augmentation de capital réservée provoquera une dilution de 240% du nombre d’actions. Le titre pourrait être sous pression à court terme», indiquent les analystes de Marfin, membre du réseau de courtiers ESN. «La décote théorique ex-droit de souscription (theoretical ex-rights price discount, TERP) atteint 43%, un ratio coutumier dans les conditions de volatilité actuelle et proche de celui de National Bank of Greece [NBG] était de 40%», a pourtant précisé le directeur général de Piraeus, Alex Manos.

Piraeus Bank est en effet le deuxième établissement hellène à se lancer dans une augmentation de capital; en octobre dernier, NBG avait levé 1,8 milliard d’euros et prévoit d’en dégager un milliard supplémentaire grâce à la cession partielle de sa participation dans sa filiale Finansbank. Le secteur bancaire grec reste très affecté par les difficultés économiques du pays; coupé du financement interbancaire, il ne doit sa survie qu’au soutien de la Banque centrale européenne.

La période de souscription devrait s’achever à la fin du mois, tandis que l’émission des titres est prévue pour la mi-février. Elle est entièrement garantie par un syndicat bancaire mené par Barclays, Credit Suisse, Goldman Sachs et Morgan Stanley, qui agissent en tant que coordinateurs et teneurs de plume. A l’issue de l’opération, le ratio de fonds propres réglementaire «equity Tier 1» de Piraeus Bank devrait atteindre 9,5%. Mais une partie des fonds pourra être utilisée pour procéder à des acquisitions ciblées dans les pays où l’établissement est présent.

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