L’assurance santé américaine se prépare à une vague de concentrations

Cigna aurait rejeté une offre à 45 milliards de dollars d’Anthem. Les géants du secteur envisagent tous les scénarios possibles.
Antoine Landrot

Polémique politiquement, l’Obamacare bouleverse aussi le secteur de l’assurance santé outre-Atlantique, qui se prépare à vivre quelques batailles épiques à coup de méga-fusions. Anthem, le numéro deux du pays derrière UnitedHealth avec 74 milliards de dollars de revenus totaux en 2014, a déclenché les hostilités: selon l’agence Dow Jones, le Wall Street Journal et le Financial Times, il aurait approché son rival Cigna (cinquième avec 35 milliards de dollars) avec une proposition à 175 dollars par action, soit une prime de 27% par rapport au cours de clôture de vendredi.

Anthem est donc prêt à payer 45 milliards de dollars pour la totalité du capital de Cigna, alors qu’il ne capitalisait lui-même (avant les fuites) que quelques 43 milliards de dollars.

Après des mois de négociations et deux offres successives ces dix derniers jours, Cigna aurait éconduit son prétendant, affirment les médias. Selon plusieurs sources citées par le Wall Street Journal, la volonté de David Cordani, le directeur général de Cigna, de prendre la tête du groupe combiné aurait fait capoter les discussions.

Cela ne signifie pas que les ponts soient définitivement coupés. Mais Cigna a de quoi hésiter, devant l’étendue des possibilités qui s’offrent à lui – comme à chaque protagoniste du secteur. En effet, Humana, le quatrième assureur santé américain avec 48,5 milliards de dollars de revenus, a annoncé le mois dernier qu’il envisageait de se vendre: cette décision a suscité les convoitises du numéro trois Aetna (58 milliards de dollars de revenus et qui s’est ouvertement déclaré à la recherche d’acquisitions), mais également, selon les médias locaux, d’Anthem et de UnitedHealth, à qui l’on prête également des intentions sur Cigna et Aetna...

En clair, les principaux assureurs santés américains maintiennent plusieurs fers au feu. Les scénarios sont jugés plus ou moins crédibles en fonction des risques de position dominante dans l’activité commerciale ou celle liée au Medicare (couverture santé publique).

Cette valse de négociations ne surprend pas outre-Atlantique. En effet, l’un des objectifs de la réforme du système de santé menée par le président américain est de limiter l’inexorable inflation de ses coûts. Les assureurs cherchent donc à se concentrer pour peser davantage dans les négociations avec les hôpitaux et autres acteurs de la santé, qui ont déjà commencé à se rapprocher.

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