L’Asie mène le développement de son réseau bancaire à grande vitesse
Les banques asiatiques tissent leur toile. C’est ce qu’indique l’étude menée par le cabinet de conseil indépendant Velhon Partners concernant l’expansion des réseaux bancaires dans les pays émergents auprès d’un panel de 335 banques et 227.000 agences pesant plus de 12.400 milliards de dollars d’actifs.
Partant du constat que «les économies émergentes ne sont pas que des zones de forte croissance, elles représentent aussi des marchés connaissant des excédents d’épargne importants», le cabinet constate qu’après une décennie de conquête, la croissance des réseaux «marque le pas». «Une banque sur deux ne grandit plus en termes de réseau bancaire du fait d’un effet crise», précise Yoann Lhonneur, directeur associé. Entrées dans une stratégie de recentrage vers la clientèle haut de gamme et le financement des sociétés, les banques étrangères sont les plus impactées avec une croissance tombée à 2,5% en 2010, contre 14% en 2008.
Mais des banques ont continué à croître à un rythme soutenu, qui redevient même, dans certaines zones, comparable à celui de 2007-2008. L’Asie affiche une croissance du réseau de 10,2% en 2010, contre 6,1% en Afrique, 3,9% en Amérique latine et seulement 0,4% en Europe de l’Est.
Sur les 50 banques les plus dynamiques du panel, l’Inde en compte 10 qui ont créé quelque 2.491 agences entre 2008 et 2010, dont 1.049 sur l’année 2010 par la seule State Bank of India. La croissance de son parc est orientée à plus de 60% vers les zones rurales.
Mais la Chine n’est pas en reste. ICBC a créé 635 agences l’année dernière, renforçant sa position de leader en termes de nombre d’agences (à 16.227). Bank of China, qui réalise environ 25% de ses revenus à l’étranger, conserve pour sa part le troisième rang avec un parc de plus de 10.000 agences.
PricewaterhouseCoopers estime que les actifs bancaires domestiques combinés des Bric, du Mexique, de l’Indonésie et de la Turquie dépasseront ceux des pays du G7 dans 25 ans. La Chine pourrait même devenir le plus grand marché bancaire mondial au cours des 15 prochaines années, avec des actifs dépassant 30.000 milliards de dollars d’ici 2030.
Mais si le taux de bancarisation dans les émergents laisse un formidable potentiel de développement, Velhon Partners met en garde contre un développement trop rapide du réseau qui a conduit aujourd’hui l’Europe de l’est à saturation.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre