L’appel au marché de Santander est bien perçu par les porteurs de dette hybride
Si l’action Santander a sans surprise souffert de l’augmentation de capital massive annoncée ce jeudi, le marché des obligations hybrides a en revanche salué l’opération. Ce vendredi, l’obligation perpétuelle «Contingent convertible» (Coco) AT1 émise par la banque en septembre dernier a baissé de 0,3% à 97,99% du pair à la suite de prises de bénéfices, après avoir engrangé jeudi 2,28%.
«Banco Santander souhaite renforcer son ratio de solvabilité, ce qui est positif pour les porteurs de dettes, notamment les dettes subordonnées perpétuelles», expliquent les experts d’Aurel BGC. Grâce à sa levée de capital de 7,5 milliards d’euros, la banque espagnole va en effet augmenter de 140 points de base son ratio CET1 Bâle 3 non phasé, à 10% en 2015. Ce renforcement réduit d’autant la probabilité de déclenchement de conversion en capital des «Cocos» en raison du franchissement à la baisse des ratios réglementaires.
La nouvelle réglementation Bâle 3 imposera aux établissements bancaires d’afficher un ratio de fonds propres durs minimum de 7% des actifs pondérés du risque (RWA). Ce ratio est porté à 8% pour Santander, qui fait partie de la liste d’établissements systémiques établie par le Conseil de stabilité financière (FSB). Mi-novembre, le FSB a par ailleurs présenté les grandes lignes du TLAC, un mécanisme d’absorption des pertes qui prévoit de porter le matelas de fonds propres et d’instruments hybrides entre 16% et 20% du RWA.
Dans ce contexte, Santander revient sur ses concurrents grâce à son appel massif au marché. «Les coussins de capital plus importants [de Santander] lui permettront d’émettre plus facilement des obligations AT1 et T2 pour se préparer à une régulation plus rigoureuse et aux exigences prochaines du TLAC», soulignent les analystes d’ING.
La perspective encore lointaine de mise œuvre du TLAC, d’ici à 2019, et la prise en compte sous certaines conditions de titres seniors devraient permettre au marché d’absorber les émissions de titres hybrides. La solidité financière des établissements sera néanmoins un atout de poids pour obtenir ces ressources financières au meilleur coût. Fin décembre, le coupon moyen établissait à 7,2%, soit près du double de celui d’une obligation bancaire senior.
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