L’ampleur de la caution imposée à UBS braque la Suisse contre la France
La semaine dernière, UBS a fait l’objet en France d’une mise en examen pour blanchiment aggravé de fraude fiscale. Avec cette accusation, l’affaire judiciaire à laquelle UBS est liée connaît une nouvelle phase à l’échelle du groupe alors que la filiale en France était jusqu’à présent concernée pour complicité de démarchage illicite.
Il s’agit désormais pour les juges français de faire condamner les pratiques de certains conseillers qui auraient proposé en France des placements en Suisse sans en mentionner l’existence au fisc français.
En fin de semaine dernière, une caution de 1,1 milliard d’euros a été imposée à UBS, son paiement en un seul versement étant escompté avant le 30 septembre. Selon une source judiciaire citée par l’AFP, cette nouvelle caution suit les réquisitions du parquet et correspond à «42,6% de la dernière année de bénéfices après impôt» et à «2,8% des fonds propres d’UBS». Le 23 juillet dernier, la banque a d’ailleurs annoncé qu’elle ferait appel de cette caution dont «le fondement juridique» et «la méthode de calcul» sont remis en cause. Poursuivie des faits de blanchiment aggravé de fraude fiscale, UBS risquerait une amende égale à la moitié de la valeur des fonds sur lesquels ont porté les opérations présumées.
En cas de condamnation judiciaire, l’imposant montant susceptible d’être réclamé irrite l’ensemble de la Place helvète. Si le quotidien suisse Le Temps y voit «une affaire d'État», des observateurs n’excluent pas l’éventualité de poursuites d’autres banques suisses par la justice française. Un député a dénoncé «un risque systématique pour la Suisse». Si l’attention médiatique est braquée ces jours-ci sur les montants de la caution et de l’amende payés par le groupe UBS, il n’est pas exclu qu’elle redouble prochainement si les juges décident d’utiliser l’arsenal que le législateur a récemment mis à leur disposition.
Pour mémoire, le nouvel article 324-9 du code pénal tiré de la loi du 6 décembre 2013 visant la fraude fiscale dispose que les personnes morales déclarées responsables pénalement des infractions de blanchiment ou de blanchiment aggravé encourent la confiscation de tout ou partie de leurs biens.
Plus d'articles du même thème
-
« La dynamique des bénéfices reste le principal moteur des marchés »
Laurent Denize, directeur des investissements chez Oddo BHF AM -
«Le mouvement baissier sur les taux Bunds nous semble inéluctable, le débat porte sur le rythme»
Julien Petit, responsable de la gestion crédit & absolute return chez Arkéa AM. -
«Croissance et inflation limitent le potentiel de dépréciation du dollar à court terme»
Amélie Derambure, responsable de stratégies d’investissement multi-actifs chez Amundi.
ETF à la Une
VanEck lance un ETF sur les infrastructures d'électrification
Contenu de nos partenaires
-
Double-faceBonne nouvelle pour la productivité, mauvaise nouvelle pour le chômage
Le décrochage de la productivité en France par rapport au reste de l'Europe n'est pas confirmé. Une bonne nouvelle pour le dynamisme de l'économie, une mauvaise nouvelle pour l'emploi, au moins à court terme. -
OasisDéserts médicaux : le Sénat relance la régulation de l'installation des médecins
Le Parlement s’est penché il y a un an sur une proposition de loi censée réguler l'offre médicale sur le territoire. Elle revient jeudi sur les bancs du Sénat -
TribuneAffaire Lyhanna : « Il est temps de retrouver le lien entre la justice et les citoyens » – par Alain Bauer
« La parole des enfants n’est plus prise en compte par défaut. Au contraire, une présomption de mensonge prend le dessus et le principe de précaution pour préserver le système politico-judiciaire d’une nouvelle crise majeure dépasse la préoccupation essentielle de protection des enfants »