L’affaire iranienne risque de coûter cher à Standard Chartered
Un autre fleuron de la finance britannique tombera-t-il de son piédestal? Après la mise en cause au premier chef de Barclays dans le scandale de la manipulation du Libor et celle de HSBC dans des opérations de blanchiment d’argent entre les Etats-Unis et le Mexique, Standard Chartered est accusée par la justice américaine d’avoir contourné l’embargo imposé à l’Iran.
Le Département des services financiers de l’Etat de New-York (DFS) reproche à la banque d’avoir dissimulé au cours des dix dernières années, à travers sa filiale américaine Standard Chartered Bank (SBC), environ 60.000 transactions pour un montant total de 250 milliards de dollars. SBC aurait ainsi «récolté plusieurs centaines de millions de dollars de commissions». Ses clients iraniens seraient la Banque centrale et les banques publiques Saderat et Melli.
La justice estime dans son ordonnance que «les actes de SCB ont rendu le système financier américain vulnérable aux terroristes, aux trafiquants d’armes, aux barons de la drogue et aux régimes corrompus, de même qu’ils ont privé les enquêteurs chargés de faire appliquer la loi d’informations essentielles nécessaires à la traque des activités criminelles.»
Car, au-delà de l’Iran, le Département explique dans une note en bas de page avoir découvert des mécanismes similaires avec la Libye, la Birmanie et le Soudan. Une enquête supplémentaire est en cours. Le nom de Deloitte, l’un des quatre premiers cabinets d’expertise comptable au monde, est également cité dans un rôle mineur. Les deux sociétés ont démenti ces accusations. La banque «ne croit pas que l’ordonnance publiée par le DFS présente une version précise et complète des faits». Elle devra répondre de ces accusations le 15 août.
Vu la gravité des accusations, SCB –qui avait délocalisé en Inde son service chargé de la mise en conformité avec l’Ofac, le bureau américain de contrôle des actifs étrangers– risque de voir sa licence bancaire retirée. On peut également s’attendre à une amende salée. En juin dernier, ING a été condamné à payer 619 millions de dollars pour avoir contourné les sanctions américaines, contre Cuba notamment; Lloyds et Barclays avaient écopé de plusieurs centaines de millions de dollars d’amende pour des faits similaires en 2009 et 2010.
L’action Standard Chartered s’effondre depuis deux jours: elle a reculé de 6,2% lundi (à 1.470 pence) et a perdu 16,43% hier.
Plus d'articles du même thème
-
Martine Legendre (Allianz France) : « En non-coté, on n'achète pas un produit mais une équipe»
Martine Legendre a passé dix-neuf ans à la tête des investissements alternatifs d'Allianz France, construisant un portefeuille qui pèse aujourd'hui près de huit milliards d'euros. À l'heure de passer la main, elle revient sur une carrière marquée par l'émergence successive de classes d'actifs qui n'existaient pas encore à son arrivée, les erreurs qui instruisent, et les constantes qui résistent à tout. -
Le marché fait le tri parmi les sprinters de l'IA
Trois ans et demi après le lancement de ChatGPT, les investisseurs ne sont plus à l'heure de parier sur une révolution industrielle suscitée par l’intelligence artificielle. Ils discriminent désormais les Microsoft, Amazon, Apple et consorts sur leurs capacités à en monétiser l'essor au plus vite. -
Ontario Teachers' crée un poste dédié à l'intégration de l'IA dans les placements
Le fonds de pension des enseignants de l'Ontario nomme Feifei Wu à la tête d'une fonction nouvellement créée, à l'interface entre la technologie et les équipes d'investissement.
ETF à la Une
BlackRock émet un nouvel ETF actif dédié à la dette des marchés émergents
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
Contenu de nos partenaires
-
Castelbajac, l’art en liberté
À Toulouse, une rétrospective majeure consacre Jean-Charles de Castelbajac. Plus qu’un créateur de mode, une figure totale qui a toujours refusé les frontières — et qui trouve aujourd’hui dans le musée un terrain à sa mesure. -
Marrakech, côté cour
Sous l’impulsion d’un couple de passionnés franco-libanais, le Palais Beit al Noor fait rimer art de vivre marocain et hospitalité libanaise à Marrakech. -
EmbouteillageMélenchon, Attal, Retailleau, Philippe, Glucksmann, un meeting avant l'été et ça décolle ?
Entre le 30 mai et le 5 juillet, plusieurs candidats à la présidentielle de premier plan tiendront meeting. Pourquoi vouloir lancer une dynamique juste avant que les Français ne partent en vacances ?