L’affaire iranienne risque de coûter cher à Standard Chartered

La banque britannique risque de perdre sa licence bancaire aux Etats-Unis ou de payer une lourde amende. L’action a chuté de 16,43% hier
Antoine Landrot

Un autre fleuron de la finance britannique tombera-t-il de son piédestal? Après la mise en cause au premier chef de Barclays dans le scandale de la manipulation du Libor et celle de HSBC dans des opérations de blanchiment d’argent entre les Etats-Unis et le Mexique, Standard Chartered est accusée par la justice américaine d’avoir contourné l’embargo imposé à l’Iran.

Le Département des services financiers de l’Etat de New-York (DFS) reproche à la banque d’avoir dissimulé au cours des dix dernières années, à travers sa filiale américaine Standard Chartered Bank (SBC), environ 60.000 transactions pour un montant total de 250 milliards de dollars. SBC aurait ainsi «récolté plusieurs centaines de millions de dollars de commissions». Ses clients iraniens seraient la Banque centrale et les banques publiques Saderat et Melli.

La justice estime dans son ordonnance que «les actes de SCB ont rendu le système financier américain vulnérable aux terroristes, aux trafiquants d’armes, aux barons de la drogue et aux régimes corrompus, de même qu’ils ont privé les enquêteurs chargés de faire appliquer la loi d’informations essentielles nécessaires à la traque des activités criminelles.»

Car, au-delà de l’Iran, le Département explique dans une note en bas de page avoir découvert des mécanismes similaires avec la Libye, la Birmanie et le Soudan. Une enquête supplémentaire est en cours. Le nom de Deloitte, l’un des quatre premiers cabinets d’expertise comptable au monde, est également cité dans un rôle mineur. Les deux sociétés ont démenti ces accusations. La banque «ne croit pas que l’ordonnance publiée par le DFS présente une version précise et complète des faits». Elle devra répondre de ces accusations le 15 août.

Vu la gravité des accusations, SCB –qui avait délocalisé en Inde son service chargé de la mise en conformité avec l’Ofac, le bureau américain de contrôle des actifs étrangers– risque de voir sa licence bancaire retirée. On peut également s’attendre à une amende salée. En juin dernier, ING a été condamné à payer 619 millions de dollars pour avoir contourné les sanctions américaines, contre Cuba notamment; Lloyds et Barclays avaient écopé de plusieurs centaines de millions de dollars d’amende pour des faits similaires en 2009 et 2010.

L’action Standard Chartered s’effondre depuis deux jours: elle a reculé de 6,2% lundi (à 1.470 pence) et a perdu 16,43% hier.

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