L’action Lloyds est pénalisée par des craintes sur le dividende
Entre les reçus avec mention à l’examen de la BCE et les 25 recalés de dimanche s’étend une zone grise: celle des banques qui ont franchi sans gloire la barre des 5,5% de ratio de solvabilité CET1 imposée à fin 2013 par les tests de résistance. Cette catégorie regroupe un certain nombre de banques régionales allemandes, mais aussi de grands noms, comme Mediobanca (6,2%), UniCredit (6,8%), BPCE (7%) et Lloyds (6,2%). La banque britannique en a pâti hier, avec un recul de 1,8% de son cours de Bourse à Londres. Les investisseurs craignent que la banque ne puisse renouer dès cette année avec le paiement d’un dividende.
«Les résultats de Lloyds, et dans une moindre mesure de RBS, nous ont surpris», reconnaissaient hier les analystes actions de Credit Suisse. Les quatre grandes banques britanniques ont été soumises aux tests de l’Autorité bancaire européenne (EBA), mais pas à la revue des bilans de la BCE. La Prudential Regulation Authority (PRA), leur tutelle rattachée à la Banque d’Angleterre, mène par ailleurs ses propres stress tests, avec des scénarios différents. Ceux-ci font notamment l’hypothèse d’une chute de 35% des prix immobiliers résidentiels, marché dont Lloyds est le numéro un outre-Manche.
Les résultats de cet examen seront publiés le 16 décembre et sont très attendus par les investisseurs. Le test de la PRA s’appuiera sur un ratio CET1 minimal de 4,5%, mais intégrant à 100% les règles de Bâle 3, et non sur un mode transitoire comme l’ont fait la BCE et l’EBA. Avec cette méthode «fully loaded», Lloyds aurait affiché un ratio de 6% à fin 2016 dans le cadre de l’examen européen, et RBS de 6,7%.
Les analystes de Jefferies, qui ont passé hier leur recommandation pour l’action Lloyds à «sous-performance», estiment que le groupe ne pourra pas verser de dividende avant 2016. Ceux de Bernstein rappellent cependant que depuis fin 2013, la banque a engrangé plus de 100 points de base de ratio CET1, placé 5 milliards de livres de titres hybrides additional tier one, et diminué le montant de ses prêts non performants. Le projet d’un retour au dividende au titre de 2014 est en cours de discussion avec les autorités bancaires. Il faciliterait aussi la poursuite du désengagement de l’Etat au capital du groupe, nationalisé durant la crise.
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