L’ACPR invite les banques françaises à faire évoluer leur modèle
Alors que le mécanisme de supervision européenne unique est en place depuis un mois, l’une de ses priorités sera de suivre l’évolution des modèles économiques des banques et de leur rentabilité face aux nouvelles réglementations prudentielles, a expliqué Frédéric Visnovsky, secrétaire général adjoint de l’autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), à la conférence annuelle Arrêté des comptes de KPMG et L’Agefi jeudi 4 décembre.
Si très peu de banques couvrent aujourd’hui leur coût du capital, les exigences auxquelles elles sont soumises par les régulations interrogent la façon dont elles peuvent assurer leur rentabilité dans un contexte de croissance atone, où commissions et marges d’intérêt contribuent moins que par le passé aux résultats.
«Il y a deux solutions: augmenter la diminution des coûts et donc tailler dans les réseaux, ou bien croître pour avoir des synergies d’activités et réduire les coûts au global mais en ayant des banques encore plus grandes, ce qui ne va pas dans le sens de l’évolution de la régulation», considère Frédéric Visnovsky.
«La règlementation va conduire à des modèles différents», assure-t-il. Ceux-ci sont déjà en route. Pour preuve, par exemple, le financement des grandes entreprises qui bascule en France vers le modèle «originate-to-distribute». En nouveaux flux, elles se financent désormais à 70% par les marchés et à 30% via les banques, comme aux Etats-Unis, relève l’ACPR. En stock, la proportion reste quasiment inverse, même si elle commence à évoluer.
«Malgré une rentabilité faible, de l’ordre de 10%, les banques se battent pour rattraper en rentabilité le coût de leur capital, considère également Pierre Chedeville, analyste financier chez CM-CIC Securities. Il voit dans les résultats au 30 septembre 2014 des éléments, parfois trop peu intégrés dans la présentation des comptes, qui témoignent de l’évolution des modèles. La faiblesse des revenus de la banque de détail (en recul de 170 millions d’euros pour les quatre premières sur un an selon KPMG) masque ainsi des potentiels de croissance.
«Les métiers de l’assurance et de la gestion d’actifs, très rémunérateurs pour les réseaux, se développent énormément aujourd’hui dans les banques », constate l’analyste. Il estime toutefois que le rendement des fonds propres (RoE) des établissements bancaires va rester plafonné à 10 ou 12 % dans les trois ans à venir.
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