L’ACP confiante dans la capacité des banques françaises à surmonter la crise
Bien que le contexte macroéconomique difficile perdure, je reste confiant quant à la robustesse du secteur financier français», a tenu à rappeler Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, lors de la deuxième conférence annuelle de l’autorité de contrôle prudentiel (ACP) qui s’est tenue hier. Et d’indiquer qu’avec des ratios de fonds propres «core tier one» supérieurs à 9%, les groupes bancaires français «confirment ainsi leur capacité à remplir les objectifs fixés au 30 juin 2012 par l’Autorité bancaire européenne».
Interrogé sur le scénario d’une sortie de la Grèce de la zone euro, Christian Noyer estime que les banques françaises ayant déjà provisionné le risque grec à hauteur de 75%, «il est difficile d’imaginer que les 25% restants puissent les mettre en danger». Jean-Paul Chifflet, le directeur général du Crédit Agricole, la banque française la plus exposée à la Grèce avec 5,2 milliards d’euros, avait néanmoins manifesté son inquiétude vendredi en reconnaissant être «préparé à toutes les éventualités» avec une équipe resserrée travaillant depuis plusieurs mois sur le sujet. Les analystes estiment qu’un retour de la drachme suivie d’une dévaluation de 50% coûterait 2,5 milliards d’euros à la banque.
Et Christian Noyer d’ajouter concernant un éventuel risque de contagion, que le cas grec restait isolé au sein de la zone euro, pointant du doigt notamment le dynamisme du commerce extérieur de l’Espagne, qui croît à un rythme plus soutenu que celui de l’Allemagne. Les exportations espagnoles ont en effet progressé de 11% en 2011, et Madrid prévoit un retour du déficit des comptes courants de 10% du PIB en 2007 à 1% cette année.
Un constat qui n’a pas empêché l’ACP de se montrer très «attentive à la façon dont les banques remplissent leur rôle dans le financement de l'économie par la distribution de crédits aux entreprises non financières et aux ménages», comme le rappelle Christian Noyer. En la matière, il estime que malgré la forte augmentation du coût du risque et la baisse du résultat net de 35% des cinq principales banques françaises en 2011, la distribution de crédit est restée soutenue.
Concernant les activités spéculatives des banques, Christian Noyer, idéalement, souhaiterait qu’elles «disparaissent de leur champ d’activités», tout en distinguant celles qui contribuent, même indirectement, au financement de l'économie.
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