La surliquidité de la Banque Postale lui donne des marges de manœuvre
Dans un contexte de tension sur le marché interbancaire, la Banque Postale affiche sa sérénité. Son ratio crédits/dépôts atteint 49% au 30 juin 2011 (soit 43 milliards d’euros de prêts pour 87 milliards de dépôts). «Dans l’interbancaire français, les choses sont fluides. Les grands établissements internationaux font preuve d’un intérêt appuyé qui est assez nouveau pour la Banque Postale», ironisait hier son directeur général Philippe Wahl. Près de 90% des titres en portefeuille sont mobilisables auprès de la BCE.
Cela dit, la situation évolue à mesure du déploiement des nouveaux métiers. La banque a obtenu l’agrément de l’Autorité de contrôle prudentiel le 5 septembre dernier pour le financement aux personnes morales. Cette activité, lancée cet automne, sera portée par une nouvelle filiale, baptisée Banque Postale Crédit Entreprises. «Le crédit est consommateur de capital, ce qui nous obligera à acquérir également davantage de liquidité. La bataille existe pour nous aussi », prévient Philippe Wahl.
Les perspectives de solvabilité de la Banque Postale sont plus mitigées dans la mesure où ses ambitions commerciales seront nécessairement consommatrices de capital. En tenant compte de l’augmentation de capital de 860 millions d’euros en provenance de sa maison mère, votée en août et versée aujourd’hui, l’établissement affiche un ratio de fonds propres durs core tier 1 de 13,2% (soit 5,9 milliards d’euros). La banque devra être en mesure de mettre en réserve suffisamment de bénéfices. «Notre objectif est de maintenir un core tier 1 supérieur à 10%», annonce Philippe Wahl. Or, le coefficient d’exploitation reste important pour une banque de détail, même s’il s’améliore (83,6% contre 85,1% fin 2010).
Dans le cadre du plan de soutien à la Grèce, une dépréciation de 158 millions d’euros a été passée en coût du risque, impactant de 104 millions d’euros le résultat net (qui ressort à 258 millions). Les 600 millions remboursés en août seront renouvelés, tandis que les 150 millions restants, à échéance 2017 seront échangés. L’exposition en valeur de bilan ressort à 626 millions.
La banque ne signale aucune exposition à l’Irlande, une exposition de 1,4 milliard à l’égard de l’Espagne (provinces comprises) et de 3,1 milliards à l’Italie. «L’Italie est la septième économie mondiale, relativise Philippe Wahl. Nous n’échangeons pas cette dette sur le marché; elle s’amortit normalement.»
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