La Suède ouvre à son tour la porte des «CoCos» à ses banques

La promotion de ces obligations à conversion obligatoire, pour lesquelles Stockholm emboîte le pas de Berne, figure au menu du Comité de Bâle
Benoît Menou

La Suède se doit d’être en première ligne en termes d’exigences sur les niveaux de capitaux des banques, selon le directeur général de l’Autorité de supervision financière du pays, Martin Andersson. Stockholm a joint le geste à la parole, un autre responsable de la FSA confiant à Bloomberg qu’«il y a sans l’ombre d’un doute un rôle à jouer pour les CoCos» (contingent convertible bonds), ces obligations convertibles en actions si la solvabilité d’une banque passe sous un certain seuil. Ces nouveaux instruments de dette constituent «potentiellement une bonne solution», selon ce représentant du régulateur. Ils figurent d’ailleurs au menu des discussions du Comité de Bâle aujourd’hui. Il s’agit d’évaluer l’intégration des «CoCos» au capital réglementaire supplémentaire que les régulateurs envisagent d’imposer aux banques systémiques.

L’Autorité suédoise est déjà sortie du bois la semaine passée en indiquant que les principales banques nationales seraient contraintes d’appliquer les normes de Bâle 3 selon un calendrier plus resserré et des ratios plus contraignants que ceux envisagés actuellement au niveau international. Une volonté qui fait partie selon les analystes de CreditSights d’une véritable «course aux armements» européenne, initiée en Suisse, et qui fait perdre de vue l’idée même d’un accord mondial.

Concrètement, la FSA suédoise entend exiger des quatre principales banques du pays un ratio common equity tier one d’au moins 10 à 12%, soit 3 à 5 points de plus que la norme prévue. Svenska Handelsbanken a rétorqué que son ratio de 13,8% à fin 2010 ne devrait céder que 1,5 point durant la période de transition vers Bâle 3. Swedbank dit n’en avoir pas besoin, mais si ces obligations se révélaient être une option «peu coûteuse et efficace», alors «personne ne les refuserait».

Le régulateur suisse a déjà franchi le pas en ouvrant la porte aux «CoCos», une brèche dans laquelle s’est engouffré Credit Suisse le mois dernier. Avec grand succès auprès des investisseurs. Mais les banques ne sont pas unanimes. Le patron d’UBS, Oswald Grübel, a ainsi qualifié dans le Financial Times les «CoCos» d’«instruments très dangereux» avec un risque d’effet boule de neige. Les actionnaires d’une banque pourraient en effet être tentés de liquider leurs actions lorsque le ratio de solvabilité s’approche du seuil de conversion, afin de ne pas être dilués.

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